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Jeudi 9 février 2006 4 09 02 2006 17:06
Source : Le Monde.fr - 14 décembre 2005

Petit retour en arrière sur les propos du député UMP Christian Vanneste sur l'homosexualité, et sur la gestion qu'en a fait Nicolas Sarkozy.
(ou "comment faire d'un poids X mesures")

Chrsitian Vanneste, député UMP du nord, n'aime pas les homosexuels. Ou plus exactement il les considère comme une sous-race inférieure moralement aux hétérosexuels. Petit florilège de morceaux choisis :

- "Je reconnais bien volontiers que je défends une conception politique et sociale conservatrice" 
- "en raison de l'orientation sexuelle, l'homosexualité est une menace pour la survie de l'humanité".
(déclamé dans l'assemblée nationale).
- "Je n'ai pas dit qu'elle était dangereuse, j'ai dit qu'elle était inférieure à l'hétérosexualité. Si on la poussait à l'universel, ce serait dangereux pour l'humanité"
- "Je critique les comportements, je dis qu'ils sont inférieurs moralement."
- "Nous parlons d'un problème qui touche le fondement même de l'humanité "
"Dans toutes les sociétés, on a écarté l'homosexualité et l'inceste. Je pense que l'homosexualité n'est pas innée mais qu'elle est acquise au niveau de l'adolescence et donc, qu'elle peut être rééduquée."

(Si ces propos vous choquent comme moi, je vous invite à lui laisser un mail pour lui en faire part : cvanneste@assemblee-nationale.fr )

Le seul mérite qu'on peut lui attribuer est d'être clair dans son propos !
Pour situer rapidement, Mr Vanneste est un ancien professeur de philosophie, auteur de la loi sur le rôle "positif" de la colonisation. On ne pourra donc pas dire qu'il n'a jamais eu de cours sur le rôle et l'importance du langage. Décor planté.
Quand on sait qu'il existe une branche des gays militant à l'UMP (GayLib), ça devient franchement ironique. GayLib a bien évidemment réagi vivement et on les comprend. Moi à leur place j'aurais cherché asile ailleurs qu'au parti qui cumule quand même Boutin et Vanneste !

Revenons maintenant sur la réponse de Nicolas Sarkozy à une question sur le sujet posé par un journaliste de Libération lors d'une interview :

 - Libération : Vous n'avez pas sanctionné les propos homophobes du député UMP Christian Vanneste. Est-ce une position tolérée au sein de votre parti ? 

- Nicolas Sarkozy : Ces propos, je les ai dénoncés fermement en conférence de presse. J'ai trente ans de vie politique derrière moi. On ne peut me reprocher aucune déclaration qui ne soit pas conforme aux valeurs de la République.

Dénoncer fermement c'est bien, mais après ? Des sanctions annoncées ? Que néni. Comment peut on se poser en défenseur des droits et ne pas prendre de mesure plus sévère quand on est chef d'un parti dont un député tient de tels propos ? Sarkozy considère que les mineurs délinquants méritent une sanction immédiate, visiblement il est plus grave d'être un petit déliquant qu'un élu représentant le peuple tenant des propos homophobes. Dans un sens Nicolas Sarkozy a raison, dans le cas de Vanneste il est probablement trop tard pour changer les choses.

Le même Sarkozy qui dans ladite interview qualifiait les méthodes d'ActUp à propos de leur fameuse affiched'extrémiste" et "directement inspirée des méthodes du Front National " semble réviser ses critères de jugement quand un discours qui aurait pu être estampillé FN provient de ses rangs...
Toujours dans la même interview, il affirme être "un rempart essentiel contre la montée du FN".
Forcément, si ça continue comme ça les électeurs du FN vont rappliquer en masse et Jean-Marie n'aura plus qu'à aller se rabiller.
"

Quel jeu joue Nicolas Sarkozy ??? Que doit on comprendre dans ce double discours ? Une volonté de racoler un électorat extrémiste ? De ne pas choquer certains de tes collaborateurs qui pourraient penser de même et peut être ne pas le dire haut et fort ? On n'y voit vraiment pas clair dans tout ça...

Edite (le 09/02/2008) :
Non seulement Mr Vaneste qui ne devait pas être présenté aux législatives a quand même figuré sur une liste UMP, mais en plus il se présente également sous l'étiquette UMP aux municipales de Tourcoing !
(im)Moralité : Nicolas Sarkozy protège les homophobe est les garde dans ses troupes...

Par Varg Veum
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Mardi 14 février 2006 2 14 02 2006 14:47
L'UMP réagit vivement aux propos de Georges Frêche, président de la région Languedoc-Roussillon, tenus sur les Harkis.


Si ces propos sont tout à fait condamnables, je m'étonne que les déclarations de Christian Vanneste sur les hommosexuels n'aient pas donné lieu à autant d'indignation ! Faut-il y voir une quelconque préférence ?

Il est toujours plus facile de balayer devant la porte du voisin (surtout avec des balayeurs immigrés importés à bas prix).
Par Varg Veum
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Lundi 27 février 2006 1 27 02 2006 09:31
Sarko Skanking : Au pays de RastaKozy, les langues se délient ! (fichier mp3)

























Un travail remarquable de montage réalisé par Polemix & la voix off (discours) et Onsfoudkila (intégration musicale) posé sur une version du légendaire studio jamaicain Studio One.

S'il y a pas mal de racourcis, on croirait parfois l'entendre penser tout haut...

De quoi commencer la semaine en musique !




Par Varg Veum
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Mardi 21 mars 2006 2 21 03 2006 14:48
Comment ne pas aller à l'encontre du mouvement de protestation de l'UMP pour souligner qu'on le comprend et ainsi ne pas froisser ses acteurs, tout en s'attirant la sympathie des honnêtes gens excédés par tout ce remue-ménage ?
Exercice de style, prenez-en de la graine !

source : site officiel de l'UMP

Dans un communiqué sur le site officiel de l'UMP daté du 17 mars, Philippe GOUJON, Président de la Fédération de Paris envoie un vibrant bravo aux forces de l'ordre et au sang froid des citoyens :
"L'UMP Paris condamne les exactions d'une petite minorité de casseurs"


Il dénonce "les exactions commises par une petite minorité de casseurs qui n’ont rien à voir avec les étudiants qui ont manifesté hier à Paris".
Ca on le savait déjà ! A moins de vouloir se mettre tout l'opinion publique à dos, ils serait malhabile de mettre le feu à des voitures.

"Il faut rendre hommage au sang froid et au savoir-faire des forces de l’ordre qui malgré des agressions gratuites et inadmissibles que chacun à pu constater à la télévision, ont su à la fois préserver l’ordre public, permettre aux jeunes de manifester sans danger et limiter le plus possible les dégâts infligés aux commerces".
Vu à la TV ! Faudra-il bientôt apposer ce sigle sur les communiqués pour les crédibiliser ?!
Evidemment ce genre de débordements sont inadmissibles, qui trouverait normal qu'on mette le feu ou qu'on casse gratuitement à part quelques poignées d'extrémistes ?
Il est franchement regrettable qu'un te communiqué s'appuie sur un "Vu à la TV" pour se légitimer. Que doit-on comprendre à ça ? que si c'est passé à la télé c'est forcément vrai ? Plus crédible qu'une autre source d'information ? Que ça résume en soi la situation sans qu'il soit besoin d'aller chercher ailleurs ?
Attention danger, la télé fait de la politique...

"Enfin, la Fédération tient à saluer le calme des parisiens, exemplaires pendant les troubles".
N'exagérons tout de même pas, quelques casseurs excités ça n'est pas non plus une situation de guerre. En guise de calme j'imagine que les "parisiens" sont resté terrés chez eux, ce que j'aurais aussi probablement fait à leur place...
On congratule donc les pauvres citoyens pris en otage d'une guerrilla visiblement d'une incroyable violence, on rend grâce au droit des jeunes de manifester, on félicite la police et tout le monde est content.

Par contre pas un mot sur le syndicaliste roué à terre qui à cette heure est toujours dans le coma. Sa famille aussi aurait apprécié qu'on "salue son calme"...

Par Varg Veum
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Jeudi 30 mars 2006 4 30 03 2006 11:18
La déferlante anti-CPE continue, l'UMP a sorti les planches et compte bien surfer dessus.

Sources : site officiel de l'UMP

Dans une conférence de presse des portes paroles de l'UMP lundi 27 mars, l’UMP n'en finit plus de "réaffirmer sa solidarité sans faille avec le gouvernement ".
Heureusement qu'ils le répètent à tout bout de champ, parce que vu leurs dires et leurs actes on pourrait légitimement en douter ! Entre le patron qui envoie des piques assassines aux diners et les suggestions de suspension par députés interposés, on se demande qui des deux se moque le plus du monde : Villepin et son CPE, ou Sakrozy et son attitude navrante. On aurait pu attendre mieux de lui, mais là franchement c'est pas vraiment du grand art : cynisme, coups bas, il ne s'en cache plus et jubile dans son coin tout à l'abri qu'il est. Tant qu'il n'y aura pas de (nouvelle ?) bavure, il aura le beau rôle.

L'UMP rend honneur au « courage et (à la) détermination » du gouvernement qui « s’attaque à un vrai problème de société qu’est celui de la précarité des jeunes » selon Valérie Pécresse. On a toujours tendance à admirer les gens qui se font cribler de balles et continuent à avancer, surtout quand on est dans les gradins pas vrai ? La même valérie pousse même jusqu'à ajouter que Nicolas Sarkozy n'a nullement l'intention de délaisser le gouvernement en ces temps troubles, car « ce n’est pas au moment où le navire tangue qu’il faut le quitter ». Alors même qu'un certain Sarkozy fait meeting en "homme libre", parle de rupture, suggère une alternative au comportement de Villepin... on a déjà vu mieux comme soutien non ? Soit ils se moquent des journalistes, soit ils veulent faire passer leurs adhérents pour des simples d'esprit, soit ils se foutent du monde...
Je pencherais pour les trois.

Face à cette crise, l’UMP en appelle à la responsabilité de chacun pour que « dans le cadre d’un dialogue constructif et ouvert », « tous les acteurs (organisations syndicales, syndicats étudiants, gouvernement) s’assoient autour d’une table et qu’ensemble, ils imaginent les contours d’un compromis ».
Il serait plutôt temps de tout reprendre depuis le début plutôt que "d'imaginer le contour d'un compromis". Ca me rappelle un peu le "on s'autorise à penser dans les millieux autorisés" de Coluche. "Il faudrait parler comme ça on communiquerait mieux" est en substance la proposition de l'UMP. Brillant. Mais on attend toujours des suggestions plus avancées.

Je commencais à croire que Sarkozy avait délaissé son cheval de bataille favori : la peur. Mais il n'en est rien. L'UMP a peur pour vos enfants, il craint « que les jeunes auxquels s’adresse le CPE soient aussi ceux qui paient les pots cassés ». Cette petite phrase anodine a trotté un moment dans ma tête avant que je ne remarque un mot qui me semblait superflu au premier abord : aussi .
On devrait donc comprendre que le CPE, comme les conséquences des grèves et des manifestations, est une chose néfaste ? Non seulement ils perdent leur temps et ratent leurs études, mais en plus ce sont eux qui sont la "cible" du CPE. Je pousse le bouchon sémantique peut être un peut trop loin, mais ça ressemble un peu à une condamnation déguisée...

Laïus habituel sur les vilains méchants qui guettent vos enfants : « aux risques qu’encourent les étudiants dans les manifestations en matière de sécurité », s’ajoute celui « qu’avec le blocage des facultés et des universités, les étudiants soient empêchés de passer leurs examens ».
On ne sait donc pas trop bien qui du gouvernement, des syndicats ou des jeunes sont responsables de tout ça (un peu tout le monde, personne en particulier, le contexte...) mais surtout ne remettons rien en question, et puis comme ça on ne se met personne à dos !
Il y a et il y aura toujours des gens mal intentionnés pour profiter des manifestation de grande ampleur, que ça soit des casseurs, des voleurs ou des petites frappes. Je ne reviendrais pas dessus outre mesure (voir article précédent) mais ça devient un peu pénible de focaliser l'attention sur 1000 ou 2000 personnes quand il y a 3 millions de personnes dans la rue. 2000 personnes par exemple, ça représente 0.07% de 3 millions. Je ne suis pas sur que ça soit statistiquement beaucoup plus dangereux en proportion de manifester que de sortir en soirée le week end. Ou de prendre sa voiture. Ou de voter pour Sarkozy.
Quant au fat de risquer de perdre une année d'étude, oui c'est une chose indéniablement grave. Mais peut être que les jeunes qui manifestent estiment qu'une année c'est un maigre sacrifice en regard de ce qu'ils se battent pour conserver, à savoir le droit à la considération. Si on refuse de les considérer comme responsables et dignes de confiance, comment leur reprocher par la suite de ne pas vouloir devenir adulte ?!

Par Varg Veum
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Vendredi 31 mars 2006 5 31 03 2006 09:48
Le CPE, nous assure-t-on, est nécessaire pour résorber le chômage des jeunes de moins de 26 ans, il est nécessaire d'assouplir le droit du travail pour créer plus d'emploi. C'est sur ce constat que les travailleurs sont "trop" protégés qu'est en parti fondé l'intêret du CPE selon ses promoteurs. Olivier Favereau, économiste, est professeur de sciences économiques à l'université Paris-X analyse cet argument et le réfute avec bon sens...

Source : le monde.fr du 31 mars 2006

[intégralité de l'article ci-dessous]

La pensée libérale a toujours utilisé la rhétorique des effets pervers pour critiquer les réformes sociales. L'idée que l'enfer est pavé de bonnes intentions a servi contre les institutions les plus emblématiques de l'Etat-providence : par exemple la protection des travailleurs, poussée trop loin, se retournerait contre l'emploi en décourageant les nouveaux recrutements.

Pour la première fois peut-être, avec le contrat première embauche (CPE), la rhétorique des effets pervers pourrait bien s'appliquer à une réforme libérale. En effet, il y a un risque élevé que le CPE aggrave, au lieu de le diminuer, le chômage des jeunes, contrairement aux intentions de ses promoteurs. Et ce pour deux raisons techniques, non encore mentionnées dans le débat public.

Voici la première. Admettons pour le moment qu'il y ait bien une catégorie spécifique et homogène sur le marché du travail appelée "jeunes de moins de 26 ans". On sait que le taux de chômage de cette catégorie d'âge est beaucoup plus élevé que celui de la tranche d'âge immédiatement suivante. L'erreur commence quand on en déduit immédiatement que les jeunes seraient moins employables que les autres.

Or que nous disent les statistiques sur la durée moyenne de chômage des "jeunes" ? Elle est significativement plus faible que celle de toutes les autres classes d'âge : trois mois de 20 à 24 ans, contre dix mois de 40 à 44 ans (ancienneté médiane de chômage, selon l'enquête emploi 2003). C'est-à-dire que les "jeunes", toutes choses égales par ailleurs, sortent du chômage, en moyenne, plus vite que les autres salariés. Autrement dit, ils ne sont pas moins employables, ils sont plus employables (toujours en acceptant de raisonner sur une moyenne). Comment est-ce compatible avec un chômage relativement plus important des jeunes ? La réponse est cachée dans l'autre variable composant le taux de chômage : à chaque période, les jeunes qui sortent en moyenne plus vite du chômage, sont, proportionnellement, encore plus nombreux à entrer en chômage. La réconciliation de ces deux constats tient en une seule expression : emplois précaires. Les jeunes passent plus souvent que les autres sur le marché du travail, parce qu'on leur propose et qu'ils acceptent, plus souvent que les autres, des emplois de courte durée.

Dans ces conditions, il faut faire preuve d'un optimisme scientifiquement infondé pour voir dans le CPE un remède miracle contre la précarité à l'origine du chômage des jeunes. Bien au contraire, le CPE rajoute, à une liste déjà bien fournie (CDD, intérim, contrats aidés, etc.), un nouveau facteur de rotation des emplois : le droit de licencier sans explication à tout moment pendant un délai maximum de vingt-quatre mois ! Cette façon de rechercher la flexibilité au niveau des jeunes risque de produire plus de précarité qu'elle n'en éliminera.

Mais il y a une deuxième raison de douter de l'efficacité du remède proposé. Tout ce qui précède suppose, comme le fait explicitement le CPE, que l'on doit mettre à part dans le fonctionnement du marché du travail les jeunes de moins de 26 ans : ceux-ci formeraient une catégorie statistique homogène. Or il n'en est rien. L'approche institutionnaliste du marché du travail nous a appris que le chômage est associé à une dynamique de sélection de salariés, et qu'il est concentré sur les actifs peu qualifiés, avant toute considération d'âge. Il conviendrait donc (au minimum) de distinguer, au sein des jeunes de moins de 26 ans, ceux qui sont peu ou pas qualifiés, ceux qui ont une qualification décalée par rapport aux demandes des entreprises et ceux qui sont très qualifiés. Leurs problèmes éventuels de chômage appelleraient chaque fois un traitement spécifique. Les promoteurs les plus avertis du CPE en conviendraient volontiers. Malheureusement, cela n'empêchera pas le CPE de produire son impact déstructurant. Cela passe par deux mécanismes bien connus.

Il y a d'abord un effet de signalement et de stigmatisation, qui confirme à tous les recruteurs qu'embaucher un jeune de moins de 26 ans est une opération tellement aventureuse qu'il faut des avantages exceptionnels pour la rendre économiquement rationnelle - en l'occurrence rien de moins qu'une suspension d'une partie du code du travail ! Il y a ensuite un effet de coordination et d'institutionnalisation : cette catégorie nouvelle, dans la mesure même de son succès, va s'intégrer aux pratiques de gestion des effectifs par les entreprises. Sur quelle base ?

La probabilité est élevée que ce soient les peu ou pas qualifiés qui déteignent sur les autres segments, plutôt que l'inverse : on verra des jeunes, qui auraient pu accéder à un CDI standard, devoir se contenter d'un CPE ; inversement on ne voit pas pourquoi la situation des jeunes les moins qualifiés tirerait un quelconque bénéfice de la dégradation du sort de leurs congénères mieux lotis. A nouveau, cette façon de concentrer la recherche de la flexibilité sur l'ensemble des jeunes risque de se révéler contre-productive, cette fois en créant de la précarité là où il n'y en avait pas. Certes le principe du vaccin consiste à inoculer le mal pour mieux s'en protéger. Ainsi (peut-être) de la flexibilité et de la précarité. Encore faut-il ne pas se tromper de dose.

Par Varg Veum
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Lundi 16 octobre 2006 1 16 10 2006 10:23
Jeudi 12 octobre, Nicolas Sarkozy tenait un discours à Périgueux intitulé "notre république". Je me suis dit "tiens, on parle de nous ça m'intéresse". Quelle est donc cette république qui est la notre ? La 5e ? La 6e ? ... ou la 4e ? (à moins que ça ne soit plus proche de l'empire ?!)
Morceaux choisis de manière délibérément arbitraire.


Un beau discours en vérité, aux relents nationalistes, ou l'on apprend que les hommes de Lascaux étaient "les premiers artistes" (c'est sûr, il n'y en a pas eu avant on a vérifié), ou l'on glorifie la résistance à l'oppresseur, ou l'on trouve quelques perles comme "Je veux l'unité. Je suis le garant de l'unité. Et s'il le faut je serai unitaire pour tous les autres." 
Comme quoi l'unité n'est pas si difficile à atteindre, surtout quand on l'établit pour les autres. Ca doit surement être la 6e république c'est pour ça que je ne comprends pas, je ne trouve pas ça très démocratique, mais c'est encore trop nouveau pour moi...

Tiens, une autre belle envolée lyrique :
"Vous êtes les héritiers de tous ceux qui refusent l'idée même du renoncement, qui connaissent le sens des mots résistance, honneur, fraternité, liberté, justice, et pour lesquels par dessus tout la République n’est pas une pensée morte mais une idée vivante."
C'est puissant, c'est beau, il ne manque plus qu'un petit Wagner pour accompagner tout ça.
Récapitulons donc : résistance, honneur, fraternité, liberté, justice...
Pas d'erreur, tout y est ! (tiens, au passage, on a perdu l'égalité en route ?)

"Qu’il soit bien entendu que nous ne laisserons pas plus le monopole de la République au Parti Socialiste que nous ne laisserons le monopole de la nation à l’extrême-droite."
Pas très loin du "socialement de gauche et économiquement de droite" qui avait fait grincer les dents il y a quelques temps. Au delà des clivages ? Contrairement à l'émission, Nicolas Sarkozy, lui, peut plaire à tout le monde ! On note quand même  qu'il sous entend que ses prédécesseurs  n'oeuvraient pas vraiment dans le républicain... pas plus que la gauche d'ailleurs :
" Qu’ont fait les socialistes, pour la République ? Rien !"  Voilà ce qu'on appelle une démonstration étayée par des arguments de choc.

"A ceux qui veulent le mouvement sans l’ordre je dis que le désordre prépare toujours le triomphe de la loi du plus fort, qui est le contraire de la République."
Ca Sarkozy l'a parfaitement compris, en plongeant le pays dans la peur des immigrés, des banlieues, des étrangers en situation irrégulière, il crée les conditions idéales aux contraire de la république.

"Il y a bien une exception française auquel il est légitime que nous soyons attachés, non parce qu'il est la marque d'une quelconque supériorité par rapport aux autres, mais parce qu'il exprime ce que nous sommes et ce qui nous unit. Cette exception tient en trois mots : la Nation, la République, l'Etat. Cette exception est politique. Elle est intellectuelle. Elle est morale. Elle est culturelle.
C’est le miracle de la France de conjuguer une identité si forte avec une aspiration si grande à l’universalisme."

On comprend mieux le point de vue sur la culture de notre ministre de l'intérieur

"Je veux construire une nouvelle relation avec les Français, faite de vérité, de respect de la parole donnée, de confiance"

" Je propose que soit créé un budget annexe dédié exclusivement à la réforme de l’Etat qui sera abondé par les recettes de privatisation. Je propose que le principe de la gestion de l’Etat soit désormais la productivité et l’efficacité de la dépense publique..."

On revient, comme dans le traitement de la culture, à une notion de rentabilité. Déjà appliquée au culturel elle est dangereuse, mais que dire d'un Etat dont on jugerait l'efficacité sur l'optimisation de ses dépenses en premier lieu ? C'est la négation de la notion de service publique, qui par essence n'a pas pour but la rentabilité mais le service de tous. Nicolas Sarkozy veut lui substituer un fonctionnement efficace et rationnel. Plus pour tous donc forcément. Puisque qui dit rentabilité dit sélectivité, hausse des couts, et partage moindre. Mais à voir le nombre de fois ou dans ce discous apparaissent "les profiteurs", "ceux qui ne veulent pas de la France", "ceux qui ne veulent pas travailler", "les assistés" etc... on comprend bien ou il veut en venir.  Parler aux Français de ce qui les énerve, ça marche à tous les coups. Finalement il est vraiment comme nous ce Sarkozy, il passe son temps à critiquer ce qui ne va pas , et il nous promet un avenir meilleur. Pour les bons français travaillant avec un revenu suffisant et qui respectent les clous bien sûr.

"Je propose que l’on entreprenne la réforme de l’Etat par l’évaluation des politiques publiques, en supprimant celles qui ne sont pas efficaces ou qui sont contradictoires."
Je vous prends directement à parti, monsieur Sarkozy, puisqu'en bon populiste vous résistez difficilement à ce genre d'appel, de venir expliquer sur ce Blog : "qu'est-ce que l'efficacité pour une politique publique ?" Ca ne marche pas on supprime. Bien. Les politiques d'insertion ne marchent pas ? tant pis on les supprimera, ça n'est pas grave car à la place on aura le service volontaire et les centres de détention pour mineurs. Nous voilà prévenus.

"Au fonctionnaire qui se sent mal payé, je dis que ma volonté est qu’il y ait moins de fonctionnaires mais qu’ils soient mieux payés et mieux considérés."
Moins de fonctionnaires, mieux payés, dans des structures visant la rentabilité. Soit je suis très con, soit l'électorat de l'UMP n'a aucune réthorique, mais de deux choses l'une : soit Sarkozy veut privatiser la fonction publique, soit il veut fonctionnariser le privé ! Voilà une promesse qui sera n'en doutons pas facile à tenir. Encore une fois on ne peut qu'être attérés devant le degré de contresens et d'abération de son discours...

"J’ai proposé à la jeunesse de France d’instituer le service civique obligatoire. On m'a répondu que c’était impossible. Nos aïeux ont fait le service militaire obligatoire et nous, nous ne serions pas capables de faire le service civique obligatoire ! De qui se moque-t-on ? Il faut en finir avec cette pensée unique qui dit toujours que ce qui est nécessaire est impossible. C’est ça la rupture !"
Indépendament du contenu de la phrase, voilà un bon résumé de la promesse type Sarkozyste : promettre quelque chose dont on n'est pas sûr que ça soit réalisable ! Peu importe, lui au moins il nous assure que c'est faisable. C'est ça la rupture (avec la réalité).

"...le salarié français ne voit pas le bout du tunnel de la rigueur salariale alors qu'il doit faire face à l'envolée des prix de l'énergie..."
Est-il besoin de rappeler que l'envolée des prix de l'électricité et du gaz sont en partie une conséquence de la provatisation d'EDF GDF, privatisation que Sarkozy compte utiliser pour financer sa réforme de l'état ?

"La République pour moi ce n’est pas seulement l’augmentation du SMIC comme le proposent les socialistes. C’est l’augmentation des salaires pour tous ceux qui le méritent."
Je sais que c'est bien d'avoir ce qu'on mérite, mais je ne peux m'empêcher de trouver cette manière de tout rammener à l'effort et au mérite malsaine. Non que je trouve qu'il ne faille pas travailler dur pour mériter, au contraire, c'est un de mes principes, mais tout apprécier au mérite dans une optique d'efficacité et de rentabilité c'est pour moi les bases de ce corporatisme que ce même Sarkozy, jamais à court de culot, prétend pourfendre. S'il avait plusieurs queues, il se les mordrait toutes !

bref, je vous laisse lire la suite qui est du même acabit...


Par Varg Veum
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Mercredi 24 janvier 2007 3 24 01 2007 14:48
L'avenir on en a tous peur par les temps qui courent, et encore plus quand l'avenir représente les 4/5e de votre vie. Alors autant se préparer à ce qui nous attend le plus tôt possible avec l'endettement anticipé, grâce au Contrat magique du professeur Sarkozy !

Chippé sur le web des jeunes populaires.

"Nicolas Sarkozy propose un contrat d'avenir pour les jeunes"
Tel est le titre de l'article... on peut passer beaucoup à la jeunesse, surtout quand elle croit savoir parler d'elle avec du recul, mais quand on est dans le militantisme politique il faut quand même faire attention à ce qu'on écrit !
Le contrat d'avenir est un contrat d'aide à l'embauche pour les structures associatives ou à but non lucratif, oeuvrant en majorité dans le social. C'est un contrat plafonné à 26 heures / semaine, en CDD, qu'on pourrait qualifier de "contrat précaire".
Or le contrat d'avenir dont parlent les d'jeun'pop n'a rien à voir avec celui là, mais la confusion m'a tellement fait rire que je me devais d'en parler... bref, étudions la proposition de plus près :

"Comment pouvoir permettre à ceux qui n’en ont pas les moyens de continuer leurs études ? Comment faire en sorte que les jeunes défavorisées puissent enfin vivre décemment ?"

Deux phrases, deux allégations, ça démarre fort, on a la pêche chez les jeunes de l'UMP !
Primo les études il faut en avoir les moyens, sous entendu la notion d'études payantes est normale et banale. Plutôt que d'aider, on responsabilise, on fait payer quitte à endetter des jeunes dont on sait déjà qu'ils vont avoir du mal à trouver du travail.
Deuxièmement, on reconnait qu'il y a des jeunes défavorisés, mais on a la prétention de les sortir de leur situation en leur faisant souscrire un prêt, car c'est bien de prêt qu'il s'agit :

"Nicolas Sarkozy a compris les envies d’indépendance des jeunes. Son envie : donner la possibilité aux jeunes faisant des études ou en recherche d’emploi, de signer un contrat d’autonomie avec l’Etat.

Ce contrat permettra aux jeunes de poursuivre leurs études de manière autonome, moyennant l’attribution d’un prêt à taux zéro, ou de suivre un programme rémunéré d’accompagnement et d’aide à la recherche d’emploi. Ce prêt d’un maximum de 10.000 € par an pourra être obtenu pendant 5 ans."

Passons sur le fait de confondre "envie d'indépendance" et "galères financières", il doit surement y avoir peu d'étudiants "défavorisés" chez les jeunes populaires.
Sous le terme de "contrat d'autonomie" se cache donc tout bêtement un prêt.

"L’aide sera remboursable, parce que c’est juste et vertueux."

Là j'aimerais m'arrêter un moment sur cette phrase consternante : rembourser un prêt oui, c'est juste et vertueux. Mais rembourser une aide est-ce que c'est juste ? La notion d'aide doit elle appeler nécessairement une contrepartie financière ? Oui car on est tout à fait dans la logique du "tout au mérite" de Nicolas Sarkozy : il faut mériter le droit d'être aidé, et ensuite rembourser cette aide. On peut donc logiquement s'attendre à ce que ce type de dispositifs remplace les aides existantes ou qui auraient pû être mises en place pour les "jeunes" (et les autres dans la foulée ?).

"Juste car ainsi cette mesure responsabilisera chaque jeune qui en profitera et qu’elle ne coûtera que peu d’argent à la collectivité."

Collectivité qui n'a pas à assurer le bien être de ses membres au passage, après les carrefours à sens giratoires, les collectivités à sens unique.

"Vertueux car chaque personne préfère vivre de sa propre activité plutôt que de la charité publique."

Quand j'en ai eu besoin à une époque de ma vie je n'ai nullement eu honte de toucher le chômage, au contraire, j'ai été encore plus content par la suite quand j'ai trouvé un emploi de contribuer à ce que les sans emplois puissent recevoir des aides par mon activité. Mais bon, tout ça c'est une question de conception... Sans compter qu'assimiler une aide à de la charité, c'est quand même pousser le bouchon un peu loin non ?

"Le remboursement du prêt ou de l’aide n’interviendra que lorsque son bénéficiaire aura stabilisé sa situation dans un emploi durable et correctement rémunéré."

Et si le jeune en question galère toujours pour trouver un emploi stable (quand on sait combien de temps il met en moyenne pour trouver un "vrai CDI" et la part qui est au chômage) comment rembourse-t-il dans ce cas là ?
Et puis promouvoir la flexibilité de l'emploi, les contrats courtes durée, le CDD, l'intérim, et dire "il remboursera quand il aura trouvé un emploi stable", ça veut dire quoi au juste ? Qu'est-ce qu'un emploi stable dans ce cas là ? Un CDD renouvelable une fois, ou un CDI avec une période d'essai de 5 ans ? Comment dans ces cas là seront remboursés ces prêts, par des prélèvements sur des salaires plafonnés au SMIC qui seront les seuls que les jeunes toucheront quand ils en auront la chance ? A moins tout simplement que les conditions d'attribution de ces fameux prêts soit très stricts et qu'il faille s'engager à accepter n'importe quel travail dans n'importe quelle condition, et là forcément c'est beaucoup plus simple. Mais si c'est le cas, l'histoire ne le dit pas...

Au final on peut donc dire que c'est une bonne proposition... pour l'UMP qui effectivement avec ce genre de pratique arrivera à faire faire des économies à l'état, mais au prix de l'endettement et d'une précarisation toujours plus importante des jeunes.

Par Varg Veum
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Mardi 13 novembre 2007 2 13 11 2007 11:11

    La saison des mouvements sociaux est arrivée ! Juste avant les fêtes comme à l'accoutumée, entre les blancs flocons et les rouges drapeaux la grogne monte. Oui me direz vous, comme tous les ans à la même époque, surtout après une présidentielle. Certes.  Sauf que cette année il y a parait-il un gros paquet de réformes dans la hotte du père noël...


    Un gros paquet ? En apparence oui. Rien à voir avec le paquet fiscal par exemple. Celui là c'était du lourd. En Milliards qu'il se comptait. Un sacré paquet. Là non, c'est plutôt comme une grosse boîte en carton avec un joli papier brillant et un gros ruban, mais pas grand chose dedans. Une boîte à vent, avec les promesses du programme présidentiel gravé en lettres d'or dessus.
    On compare beaucoup Nicolas Sarkozy à Me Thatcher en ce moment, mais il y a une différence fondamentale : Thatcher elle a réellement fait ce qu'elle avait annoncé (pour le meilleur et pour le pire), Sarkozy, lui, ce qu'il fait réellement c'est annoncer. Et de reculer sur les points les plus délicats, on verra ça plus tard.

    Du moins c'est la stratégie qui a été sienne  ces cinq derniers mois : un grenelle de l'environnement qui est réellement écologique puisque  l’inventaire de ses avancées concrètes tiendrait sur très peu de papier, une future réforme des institutions qui est loin de la 6e république qu'on aurait pu imaginer, une France  de propriétaires qui continue de rêver de l'être, et une France de locataires qui en a marre de l'être. Sans parler du chouette climat ambiant ou chacun garde un œil sur son prochain.
   

    Ambiance festive garantie pour cette fin d'année. Non, décidément ce ne sont pas des réformes, juste la continuité de la casse sociale et économique amorcée depuis déjà un bon moment, avec néanmoins une accélération marquée. Ok, on ne refait pas le monde en cinq tout petits mois c'est sûr, mais parti comme c'est en cinq longues années ne suffiront pas. On peut se demander laquelle de ces réformes débouchera sur quelque chose de concret et surtout de positif pour le plus grand nombre (celui qui comprend 3% de riches et 50% de naïfs).

 

    LA réforme du moment, celle qui fait couler encre et bave à flots, c'est celle des régimes spéciaux de retraite. Ou plutôt "du" régime spécial de retraite. Ca ne vous intrigue pas qu'on s'attaque comme par hasard en premier à la retraite des cheminots ? Pourquoi eux d'abord plus que les autres ? Pourquoi pas une réforme de la retraite des militaires qui pèse probablement un poids conséquent ?

 

    Ca vous révolte que ces fainéants de cheminots puissent partir à la retraite après 37.5 années de cotisations, mais personne n'est énervé par le fait qu'un militaire puisse le faire au bout de 15 ans... Soit. Militaire c'est risqué. Mais tout le monde ne va pas sur le terrain et pas tout le temps. Et pourtant un administratif militaire peut prendre sa retraite après 15 années de service.
    Pourquoi pas un régime de retraite ou après seulement 5 années de cotisations on toucherait plus que le SMIC dès 60 ans et pour toute la vie ans tant qu'on y est ? Je suis sûr que si on découvrait des cheminots ou des postiers avec un tel avantage ils finiraient fissa sur un bûcher. Et pourtant ce régime de retraite existe... c'est celui de nos députés !

 

    Voyez comme l'art et la manière de présenter les choses peuvent rendre quelqu'un sympathique ou détestable dans l'opinion publique. On vous vend la mise à mort de la retraite des cheminots parce qu'on sait pertinemment que vous allez adorer les détester. Après tout c'est à cause d'eux que vous êtes en retard. Parce qu'ils défendent leurs acquis. Mais aussi le votre, celui qu’on appelle « service public ». Allez travailler en prenant le train en Angleterre pendant un petit mois et vous comprendrez ce que les cheminots essaient "aussi" de protéger.
 
    J'ai été choqué de voir dans un sondage (qui certes reste un truchement numérique) que les français étaient désolidarisés des cheminots, mais aussi policiers, enseignants, et tous les fonctionnaires en général. Des nantis paraît-il. Allez enseigner en collège ou tenir un guichet à la poste si vous les enviez tant. Allez rester dans la même maison pendant 37 ans sans jamais pouvoir changer d'entreprise ou presque si vous êtes jaloux, et surtout posez-vous la bonne question : la réforme des régimes spéciaux est-elle réellement celle des régimes spéciaux, ou celle déguisée du régime général ? Il est beaucoup plus facile de niveler par le haut que d'élever le bas de l'échelle c'est bien connu. Et c'est ce que le gouvernement actuel fait, dans la plus pure tradition des gouvernements Chirac. Enfin, par le haut... le haut du "nivelable", parce que le chef de l'état et ses copains on n'y touche pas tout de même.

 

    Quand on dit au privé qu'il va falloir travailler plus longtemps, le privé râle. Mais plus les fonctionnaires travailleront longtemps, plus les salariés du privés travailleront encore plus longtemps. Moins les syndicats (ou toute autre organisation de défense du droit des salariés) auront de pouvoir, moins les salariés du privé auront de droits, y compris celui de réclamer un meilleur salaire ou de meilleures conditions de travail. La fonction publique est comme un garde-fou des conditions de travail dans le privé.

    Et puis casser la fonction publique et la privatiser c'est tout soumettre au principe du marché. Vous trouvez la vie trop chère ?
    Petite expérience : notez le prix du kilowatt/heure, du timbre, d'un billet de train standard, bref, de tout ce qui a été, est, ou va être privatisé dans la fonction publique, puis tous les mois renouvelez l'opération de manière à pouvoir comparer. Au bout d'un an faîtes le point avec le recul. C'est devenu très cher non ? Normal, il n'y a plus de régulation de l'état sur ces prix ! Vous trouvez que les frais bancaires vous assassinent et sont scandaleusement élevés ? Bientôt votre ticket de métro et votre ordonnance médicale seront aussi généreux avec vous. C'est aussi ça "secouer tous ces fainéants qui ne veulent pas se mettre au travail" (et sous-entendu « laisser le marché s'occuper de tout »).


La seule rupture tangible n'est pas nouvelle, elle existait déjà et se creuse encore plus chaque jour. Chirac l'avait appelée "fracture sociale", espérons que son soin sera pris en charge par la SECU… si elle existe encore.

 



Par Varg Veum
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Mardi 15 janvier 2008 2 15 01 2008 15:06

 

Notre président l'a dit, les caisses sont vides. Il va donc falloir se serrer la ceinture, on est prévenus.

Vous aviez voté pour le pouvoir d'achat ? Désolé mais il faudra revoir vos ambitions à la baisse, ça ne va pas être possible. Sauf si vous bien sûr faites partie des industriels et proches du clan présidentiel qui ont tout compris.

Comment, vous n'aviez pas compris ? Le "gagner plus", l'augmentation du pouvoir d'achat, le renouveau de la grandeur, c'était d'eux que Nicolas Sarkozy parlait pendant la campagne présidentielle, pas de vous, Messieurs et Mesdames tout le monde ! Vous n'aviez pas compris ? Pas possible... qui aurait cru que ça ne sauterait pas eux yeux que Nicolas Sarkozy était le candidat des "gens aisés". Tss tss.

 


En leader de la France d'en haut, ce dernier s'est déjà accordé une augmentation substantielle (140 ? 150 ? au final 172% mais comme nous sommes dans une économie de marché, la cote pourrait encore monter qui sait).
Bon, en même temps, président c'est un sacré boulot, et il parait qu'avant on magouillait plus et on déclarait moins. Soit. Ca donne une idée quand même.

Mais comme les temps sont durs et que même en étant nourri, logé et habillé par l'état la coût de la vie a bigrement augmenté, notre président a décrété qu'il serait salutaire pour maintenir son train de vie au top de continuer à toucher son salaire de ministre de l'intérieur jusqu'à ce que son augmentation entre en vigueur, soit au premier janvier 2008.

 - Sauf que pour info, un ministre "chômeur" perçoit son traitement (salaire) pendant six moi après la sortie de ses fonctions pour "lui permettre de retrouver un emploi". Je pense qu'on peut considérer que, pour nécessiter un salaire de 19.000 € (nouveau montant du salaire du président au 1er janvier 2008 en arrondissant au millier), président de la république c'est un emploi à plein temps...

- Sauf qu'avant son augmentation, le salaire de président de Nicolas Sarkozy était de 7.500 euros.

- Sauf que son ancien salaire de ministre, celui qu'il a continué à percevoir jusqu'au 31 décembre, se monte à 11.500 €.

Nicolas Sarkozy a donc décrété seul que malgré le fait qu'il ne soit pas au chômage (président et associé d'un cabinet d'avocat c'est du plein temps à l'anglaise) il toucherait quand bien même ça n'est pas justifié, et ce pendant 6 mois, une rallonge de 4.000 € par mois.

C'est follement drôle vous ne trouvez pas ? Pour rire encore plus , on peut estimer qu'à 1300 € le salaire d'un français moyen (qui a de la chance) ça fait trois mois de salaire de français moyen de "prime" par mois.
Ce même français moyen qui a voté pour qu'on augmente son pouvoir d'achat...

Alors si vous n'y voyez pas un peu plus clair maintenant, un conseil, filez chez l'opticien le plus proche !
Là au moins vous serez sûrs de la transparence.

Par Varg Veum
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