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démago-a-gogo

Jeudi 9 février 2006
Source : Site web des jeunes populaires.

Les jeunes populaires, structure militante des jeunes de l'UMP, épaule Nicolas dans sa lutte pour un monde meilleur. Le CPE vient d'être voté à l'assemblée nationale malgré une opinion publique défavorable selon les derniers sondages, il me semblait donc intéressant de jeter un oeil sur le discours qui soutient ce contrat au sein de l'UMP, et plus particulièrement celui à destination des jeunes, cette race à part parfois diabolisée, mais que chaque parti essaie de rallier à sa cause...


Sur le site des jeunes populaires donc, on trouve un tract ventant les mérites du CPE.

L'entête affiche les revendications uivantes :
" Les Jeunes Populaires souhaitent qu’un jeune sur quatre ne soit plus condamné au chômage !
Les Jeunes Populaires souhaitent qu'un jeune moins qualifié ne soit plus condamné au chômage !
Les Jeunes Populaires souhaitent qu’un contrat de travail non précaire soit la règle pour les jeunes ! "

Qui ne le souhaiterait pas ? Ils sont ma foi fort sympathiques ces jeunes. Pour peu qu'on oublie d'où ça vient, on pourrait croire à un tract de la gauche. Mais il s'agit de l'introduction, voyons les allégations...

"- Le CPE est un vrai contrat de travail à durée indéterminée."
Oui et non : le CDI existe déjà, il s'agit là d'un nouveau contrat de travail, qui se rapproche d'un CDD .  Le terme est "indéterminé", mais la sécurité du poste l'est aussi par le fait qu'on peut être licencié sans motif sous quinze jours, même si on est dans l'entreprise depuis plusieurs mois.

"- Le CPE donne droit à la même rémunération que les autres salariés."
Oui, et c'est encore heureux, si en plus de la période d'essai de deux ans on n'avait pas de smic garanti ça serait malheureux !

"- La période de consolidation permet au jeune de se former et de faire ses preuves, on lui donne enfi n sa chance !"
Deux ans pour faire ses preuves... est-ce bien nécessaire d'attendre aussi longtemps ? Ce type de discours sous entend que dès le départ, ce qui est mis en cause, c'est le sérieux et la bonne volonté du "jeune", qui serait majoritairement un glandeur invétéré. Sois heureux, jeune, on va te donner la chance d'être utilisé pendant deux ans sans engagement ! Donner sa chance c'est faire confiance, et pour moi deux ans d'essai ça n'est pas vraiment une marque de confiance. Est-ce qu'un salarié qu'on fait mariner deux ans pour savoir s'il va être embauché définitivement se sentira motivé et en confiance ? Il va surtout avoir une énorme pression, dont il n'a pas nécessairement besoin vu la conjoncture actuelle...

"- Le CPE donne droit à la formation dès le deuxième mois d'activité."
Ca semble être une bonne mesure, peut être une des plus valable du dispositif, reste encore à voir dans quelles conditions, et quels types de formations seront accessibles.

"- Le CPE permet un accès au crédit et au logement."
Ils ne croient pas si bien dire... l'accès au logement en question sera l'avancement de la caution par le système Locapass, remboursable par un emprunt. Donc accès au logement PAR le crédit. Seulement si le salarié est licensié disons au bout de cinq mois, comment rembourser cette caution ?
Le discours de Dominique de Villepin veut nous assure que banquiers comme agences immobilières sont disposées à considérer les CNE et CPE comme un CDI normal.
René Paillincourt (Président de la FNAIM) le contredit d'emblée :
"Notre compagnie d'assurance, qui garantit les loyers impayés, refuse de prendre les dossier de locataires titulaires de CNE ou, à l'avenir, de CPE s'ils ne disposent pas d'une caution"
Le mensonge est tellement énorme qu'il mérite d'être placardé sur les murs de Matignon !
Quant aux banques, rien ne les obligent à justifier le refus d'un crédit. Pensez-vous vraiment qu'elles vont accepter un jeune dans une situation incertaine pendant deux ans ? Dominique de Villepin nous garantit que les CPE et les CNE n'empècheront pas les embauches qui auraient été faites de toutes façons en CDI...
La chose serait valable si tous les employeurs jouaient le jeu ! Mais soyons honnêtes : vous êtes une entreprise qui doit faire de l'argent, vous avez le choix entre un CDI avec deux mois de période d'essai, et un CNE ou CPE avec deux ans d'essai, lequel choisissez-vous ?

"- Le CPE ouvre enfin droit à l'indemnisation du chômage."
Oui puisque c'est un CDI, ça n'a rien d'étonnant.

"- La précarité c'est le chômage, le CPE c'est l'emploi !"
On sent que ça a été proféré par des personnes qui ne connaissent pas vraiment la précarité... On peut être salarié et dans une situation de précarité, c'est même le cas de plusieurs millions de personnes, et je vois mal comment le CPE pourrait faire autrement que d'agraver ça. Deux ans sans garantie d'emploi fixe c'est une forme de précarité, sauf pour les jeunes populaires qui ont surement fait de hautes études en mathématique. On sent comme une volonté de brouiller les frontières qui existent entre chômage, emploi, et précarité. Certes il vaut mieux être employé que chômeur c'est indéniable. Mais il vaut aussi mieux être en CDI classique qu'en CPE ou en CNE.

Pour faire une parenthèse, en parlant d'allègement de charges, il faut savoir qu'un plan d'extension du CNE est à l'étude (Le figaro, 17 janvier 2006) prévoyant un allègement de charges sur les heures supplémentaires (mesure déjà proposée par Nicolas Sarkozy). On sort du cadre du CPE, mais la réflexion mérite toute notre attention. Qui dit allègement de charges sur les heures supplémentaires dit remise en cause du principe de durée légale du travail. Quant on sait que Laurence Parisot, la présidente du MEDEF est partisane d'une suppression pure et simple du concept de durée légale du travail, on voit aisément vers quoi tout ça peut converger...

La suite du tract établit un comparatif entre le CPE et les emplois jeunes pour montrer qu'elle, contrairement à la gauche, propose de vraies solutions. Autant comparer des chèvres avec des colibris ! Les emplois jeunes visaient la fonction publique, les CPE et CNE visent le privé. Les emplois jeunes étaient des CDD de deux ans et demi renouvelables une fois, le CPE est (sic) "un  vrai CDI".
Ca reste un avis personnel, mais je préfèrerais avoir deux ans et demi d'emploi garanti que deux ans sans certitudes. Et ça c'est comparable. Alors bien sur les CPE vont réduire le chômage, si on peut licencier plus facilement, on va plus embaucher, ca semble assez évident. Mais pendant la fanfaronade des chiffres il faudra aussi se soucier de la manière dont vivent les jeunes concernés.

A la vérité, le CPE et son frérot le CNE sont surtout une alternative au CDD qui est bien plus contraignant dans ses conditions de recours légal, une sorte de fusion qui transofrme le CDI en une CDD+CDI aux conditions avantageuses pour les entreprises : période d'essai d'un CDD = 1 à 3 mois pour un CDI, 2 ans pour un CPE.
Alors on va surement nous reprocher de n'être jamais content et de ne pas vouloir travailler, de ne pas avoir envie de nous en sortir et de ne pas apprécier les efforts qu'on fait pour nous... Mais comment nous reprocher de refuser de faire un pas de plus vers une précarisation déjà pesante ?

Par Varg Veum
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Mercredi 15 février 2006
Il semblerait que les CNE et CPE ne soient pas le Graal social que l'on nous a promis si l'on en juge par les premiers retours d'expérience sur le terrain. Et ce ne sont pas les juges des prud'hommes qui voient s'empiler les dossiers sur leur bureau qui diront le contraire !

Extrait d'un Article publié dans Le Monde du 11 Février 2006 :
"Les nouveaux contrats, CNE et CPE, accroissent l'insécurité sociale sans mettre les entreprises à l'abri des procédures judiciaires. Au contraire. Quand un pays connaît durablement un taux de chômage qui avoisine 10 %, comment pourrait-on reprocher à son gouvernement de rechercher les moyens de lutter contre ce fléau ? Tel est l'objectif affiché par l'ordonnance du 2 août 2005 relative au contrat de travail « nouvelles embauches » (CNE) et par le projet de loi relatif au contrat « première embauche » (CPE) en cours de discussion au Parlement. L'insécurité sociale supplémentaire créée par ces nouveaux contrats devrait satisfaire au moins une catégorie sociale : les chefs d'entreprise."

Et encore, pas si sûr ! Les employeurs peu scrupuleux qui se croyaient à l'abri  des prud'hommes  grâce au CNE doivent tomber de haut (voir les témoignages edifiants parus dans Le Monde du 14 février 2006).

Maintenant relisons gaiment le discours de l'UMP en faveur du CPE, du temps ou ils nous laissaient croire que l'adoption serait sujet à débat :
"Le contrat Première embauche a pour objectif de sortir de la précarité les jeunes qui enchaînent stages, CDD, intérim en ouvrant aux jeunes une voie plus rapide et plus sûre à un emploi stable"
(chapardé sur le site de l'UMP)

Et de critiquer le bilan des emplois jeunes :
"La gauche a condamné les jeunes au chômage
Que sont devenus les emplois jeunes du gouvernement Jospin et leur soi-disant utilité sociale? Combien de ces contrats précaires, nivelant par le bas la situation des jeunes, se sont transformés en CDI?"
Le Contrat Emploi Jeunes, au passage, n'a jamais eu d'autre ambition qu'un CDD de 5 ans, mais qui, lui, garantissait sur cette période un emploi stable et donc une expérience significative sur un CV.

Sans confirmer ni infirmer ce constat, on pourrait leur retourner la question : quelle sera dans deux ans le nombre de CNE et CPE qui en proportion auront débouché sur un CDI ?
Car il faudra bien attendre le terme de ces deux ans d'incertitude pour avoir une idée précise du bilan sur le CNE, première mouture du contrat qui va sauver tout le monde. Deux ans... les premiers CNE ayant été contractés à l'été 2005, deux ans ça nous ammène à l'été 2007... juste après le mois de mai. Mais au fait, il y a des éléctions en mai 2007 non ?!

Par Varg Veum
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Jeudi 16 février 2006
Je viens de tomber sur un article publié en juin 2005 par Laiguillon sur le site e-torpedo.
Sans pouvoir confirmer toutes les affirmations (deux énormes pages ! je laisse le soin aux acharnés de le faire) il faut reconnaître qu'il est très bien documenté et donne à réfléchir...


Pour lire l'article :
- Première partie
- Seconde partie

On y apprend (entre autres) comment Nicolas Sarkozy use de techniques de communication basées sur la forme au détriment du fond pour conquérir l'opinion publique, au travers de son parcours politique depuis plusieures années.
Je ne peux qu'inciter qui s'intéresse au personnage à parcourir cette "étude...
Par Varg Veum
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Jeudi 16 février 2006


"L’UMP prépare un projet politique pour la France, fondé sur une vision pour notre pays. Ce projet a une ambition culturelle ; mieux, il est fondamentalement culturel. Redresser notre économie, assurer le plein emploi, donner une place à chacun, rendre la réussite accessible à tous, moderniser et ouvrir notre démocratie, notre projet n’a en réalité qu’un seul objectif : que la France soit de nouveau une terre qui brille, qui brille dans tous les domaines, et notamment dans la science, les arts, les lettres et la culture."

Le discours s'ancre d'emblée dans une approche économique de la culture, ce qui peut ammener à craindre  le pire...

"Je crois dans le rôle de l’Etat et des collectivités territoriales – ô combien plus engagées d’ailleurs – pour soutenir la culture. Mais si la France a été, de longs siècles durant, l’un des foyers les plus prospères de la culture, ce n’est pas parce qu’elle a eu Louis XIV ou Malraux, c’est d’abord parce qu’elle a eu des artistes, et les plus grands."

Que doit-on comprendre à ça ? Que si la culture française a rayonnée à ce point c'est du fait de ses artistes et non des gens qui ont porté leur art ? Comment est-il envisageable qu'une culture puisse franchir des frontières par sa seule force créatrice, quand on voit la difficulté pour un artiste de s'exprimer localement ? Lancer des fleurs aux artistes français, c'est gentil, mais ça n'est pas ça qui les fera vivre. Et dire qu'on doit la renommée de la culture française à la qualité de ses artistes, c'est presque considérer que l'art peut vivre par la seule loi du marché. Si c'est vrai pour certains, c'est loin d'être le cas pour une très arge majorité des artistes !

"Paris n’est plus la capitale internationale de l’art comme elle l’était du temps de Chagall, Picasso, Kandinsky ou Miró. L’année dernière, 38% du chiffre d’affaires du marché de l’art a été réalisé à Londres contre 5,7% à Paris."

Voilà qui confirme mes craintes : être une capitale de l'art veut dire pour Nicolas Sarkozy générer un chiffre d'affaire sur le secteur artistique plus important que celui de son voisin.

"Comment faire pour qu’ils puissent vivre en France de leur métier, qu’ils deviennent des artistes et des auteurs à la fois aimés d’un public français et connus dans le monde entier ? Voilà la première question qui est posée à notre politique culturelle."

La principale préocupation en matière de politique culturelle est donc actuellement promouvoir un art aimé du public en France et à l'étranger. C'est affligeant de réductivisme. Vivre de son art sans pour autant avoir des visées planétaires, ça peut aussi être envisageable non ?

"...Je pense même que nous devons augmenter le budget du ministère de la culture puisque notre projet est de privilégier les dépenses d’avenir."

Entendre par là "faire des placements rentables à moyen ou long terme".

"En même temps, il faut cesser de mépriser les financements privés. La loi de 2003 sur le mécénat a mis notre pays au niveau des autres grandes nations s’agissant des facilités juridiques et fiscales. Ce sont maintenant les mentalités qui doivent changer. La France doit être un pays qui valorise ses mécènes, ses collectionneurs, ses fondations. Fixons des obligations de résultat aux établissements culturels en matière de mécénat. Et commençons bien sûr par avoir une politique économique qui ne fasse pas partir à l’étranger ceux qui ont de l’argent à investir, mais les fasse revenir."

On se soucie donc principalement des investisseurs...
Si le mécénat peut grandement contribuer au développement et au soutien de l'art, on peut en réfléchissant un brin imaginer la partialité d'un tel mode de financement : sélectif, à la recherche de rentabilité tant en terme d'image que financièrement.

"l’ouverture des établissements supérieurs d’enseignement, en particulier les grandes écoles, à des étudiants ayant un parcours artistique d’exception, afin de diversifier le profil de nos élites."

Diversifier le profil oui, mais en favorisant néanmoins les élites.

"Il faut regrouper la direction des médias, le ministère de la culture et l’Education nationale sous l’égide d’un seul ministère. Grâce à cela, la culture bénéficiera d’un budget renforcé, de capacités stratégiques supérieures et son poids politique sera incontournable... Le sujet, c'est de renforcer la programmation culturelle sur les chaînes généralistes, aux heures de grande écoute, avec des programmes de qualité."

Difuser une programmation de qualité à une heure de grande écoute, en promotionnant des artistes "aimés du public"... sic... quel sera le contenu de cette programmation culturelle ? Ou est la chance de réussite pour les artistes "peu rentables" ?

"aucun système d’attribution des aides n’est idéal... le gouvernement doit fixer des objectifs d’intérêt général à ces aides, en particulier pour celles qui sont renouvelables : par exemple, des objectifs en termes de diversité, de publics visés, et de succès auprès du public."

Et donc... établir des quotas par catégorie artistique ? Renouvelable, ça veut dire rentable ? Les aides ne seront-elles accordées que pour des manifestations qui auront fait leurs preuves après plusieures éditions ? Comment peut-on entendre concilier "renouvelable", "succès auprès du public" et "diversité" ? La diversité ne se trouve-t-elle pas justement dans l'opportunité d'essayer ? L'intêret général, en terme de droit je vois à peu près ce que ça veut dire, mais en terme artistique comment peut-on le traduire ?

Et les intermitents dans tout ça ? On pourrait s'attendre dans ce long discours à une série de proposition pour régler le problème de leurs conditions déplorables non ? Vous savez, ces intermitents massivements utilisés dans les grandes structures culturelles d'envergure nationale si chères à Nicolas Sarkozy... Ces intermitents qui représenteraient selon un rapport gouvernemental 20% du personnel employé par les grandes chaînes de télévision et de radio publique...  Ces intermitents que le même Nicolas Sarokzy fait déloger par des CRS lors de manifestations pacifistes... Voilà ce qu'en dit Nicolas Sarkozy :

"Force est de constater que le protocole de 2003 sur les artistes et techniciens intermittents n’a pas permis de retrouver l’équilibre financier du régime. Il faut construire un dispositif pérenne, qui cible les artistes et les techniciens, réprime les abus, et assure à nos artistes un niveau de vie digne, tenant compte du caractère nécessairement discontinu de leur activité. Je fais confiance aux partenaires sociaux pour envoyer dès le 14 février des signes en ce sens. Si la négociation échouait, mais seulement dans ce cas, et nous ne le souhaitons pas, le Parlement devrait prendre ses responsabilités."

Pas de proposition ni de mesures concrètes pour l'instant donc... Dommage.

Pour tenter de résumer le contenu de ce propos :
- centraliser la direction de la culture et des médias au sein d'un même ministère
- favoriser les artistes "d'exception"
- soutenir la qualité et répondre aux attentes du public
- soutenir des crétions pérènes assurant un succès certain
Encore une fois, comme sur tant d'autres sujet, Nicolas Sarkozy tient un discours simpliste et réducteur, axé sur le rendement économique. N'aura de soutient que ce qui est rentable.

Plus que jamais, cette phrase d'André Gide risque d'être d'actualité :

"L'art nait de souffrances, vit de luttes, et meurt de liberté".
Par Varg Veum
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Lundi 20 février 2006
Nicolas Sarkozy est un fan des nouvelles technologies. On commençait à le savoir, on en est maintenant convaincu ! N'en jetez plus, CyberSarko est parmi nous. Il s'invite chez nous pour nous entrainer dans le grand tourbillon du débat de 2007 !

Vous avez peut-être comme moi reçu un mail de Nicolas Sarkozy vous invitant à "Participer au débat de 2007". Je me suis posé la question de savoir par quel truchement ce mail avait été envoyé, étant donné que si je m'intéresse à l'UMP c'est plus par méfiance que conviction politique ! N'étant pas une foudre de guerre en informatique, je n'avais pas vraiment trouvé d'élément de réponse... et voilà que le souvenir de ce SPAM franchement agaçant me revenant en mémoire, je refais quelques recheches et là je trouve des éléments de réponse !

Deux articles sur le site Kitetoa.fr :
- article 1
- article 2
Lire également la "lettre ouverte à Nicolas Sarkozy" du très sérieux site Linuxfrench.net, communauté francophone de Linuxiens (les utilisateurs du système d'exploitation "Linux").
Et pour finir une "revue de spam" établie par  SarkoSpam.net, un site carrément créé suite à cette vaste opération de mattraquage par email.

Avec ces éclairages de personnes plus penchés sur la technique, on est bien obligés d'admettre que ces courriels ont plus que majoritairement été envoyés en "opt out", c'est à dire sans le consentement de leurs destinataires...
Je n'ai personnellement jamais été inscrit au programme "ok2mail" dont il est question et qui est censé justifier le fait que je reçoive le mail.
Nicolas Sarkozy s'entoure de sociétés bien douteuses pour conduire sa croisade numérique, en l'occurence des sociétés spécialisées dans la collecte d'emails de manière plus ou moins légale, voire déjà condamnées pour des pratiques portant atteinte à la vie privée.

Espérons qu'il choisit ses collègues politiques avec plus de soins !
Par Varg Veum
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Lundi 27 février 2006
Nicolas Sarkozy sait jouer des medias comme un nerd joue à la playstation : à outrance et sans aucune limite ! Enième preuve, une couverture de TV Magazine qui joint encore une fois "sincérité" (sic) et populisme (re-sic)...

Source :  article liberation.fr du 27 février

Ou l'on apprend que Sarkozy et Denisot sont  de grands amis et que désormais les chaînes de télé considèrent un de se passages médiatiques comme un investissement avec retour d'audience. Il est bien loin le temps ou l'on faisait venir des comiques provocateurs dans les émissions de variété...

Cette couverture serait la sine qua non au passage de Sarkozy dans l'émission de Denisot sur la chaîne Canal+. Vous me direz, quand on est une star du petit écrou il est bien normal qu'on ait des caprices !

L'audience sera-t-elle au rendez-vous ? Nous verrons bien si Michel Denisot a misé sur le bon cheval !
Par Varg Veum
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Lundi 27 février 2006
Source : site officiel de l'UMP

Dans un soucis évident de donner sa chance aux jeunes dans la course à l'insertion professionnelle, l'UMP a décidé de recruter des stagiaires pour la rédaction de notes de synthèse.


La direction des études recrute des stagiaires à temps complet pour rédiger des notes de synthèse sur des sujets d’actualité. Vous avez un niveau d’études de licence minimum (ou IEP), une bonne maîtrise de la langue française, un esprit de synthèse, vous avez l’esprit ouvert et savez rechercher les documents nécessaires, venez rejoindre la direction des études de l’UMP pour participer à l’élaboration des dossiers de fond qui préfigurent les grandes conventions thématiques de notre mouvement.
Envoyez votre cv à etudes@u-m-p.org

On demande donc des stagiaires à temps complet, autrement dit pour faire le boulot d'un employé à plein temps, avec un niveau d'études BAC +4 minimum. L'histoire ne dit pas si les stagiaires seront payés, et s'ils le sont si ce sera au dessus des fatidiques 30% du smic qui garantissent l'exonération des cotisations sociales...

Une chose au moins est sûre : on ne pourra pas reprocher à l'UMP de ne pas appliquer les recettes qu'il préconise !
Par Varg Veum
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Vendredi 3 mars 2006
Source : site officiel de l'UMP

Le premier ministre Dominique de Villepin propose d'ici la fin du mois l'élaboration d'une "charte des stages" censé assurer une rémunération pour ces derniers. Pour tous les stagiaires ? Pas vraiment...

Ecartons nous quelque peu de Nicolas Sarkozy, mais restons dans sa philosophie puisque ce projet est soutenu par l'UMP et son président...

On nous avait promis une amélioration des conditions pour les stages en entreprise, suite à la levée de boucliers du collectif  "Génération précaire" qui avait attiré l'attention de l'opinion publique.
On trouve en effet sur le forum de leur site une liste accablante d'offre d'empli relevée ici et là sur des sites spécialisés qui proposent en réalité une proportion de stages impressionante. Pour vous en faire une idée, je vous invite à vous rendre sur n'importe quel site d'offres d'emploi, choisir un secteur, et relever la proportion de stages. La conclusion s'impose d'elle même : on propose souvent comme type de contrat "stage". Inutile de rappeler qu'un stage d'a rien d'un contrat de travail !

Le projet de charte des stages se propose donc de remédier à cet abus afin de favoriser l'embauche des jeunes et de résorber le chômage. Sur le principe il est difficile de ne pas être d'accord, seulement quand on voit les mesures envisagées on peut douter de l'efficacité :

- rendre « obligatoires les conventions de stage, la rémunération des stages au-delà de trois mois »
- (... que) chaque entreprise tienne un « registre des stages du même type que le registre du personnel afin de recenser les jeunes stagiaires et de contrôler d’éventuels abus »
-  permettre aux jeunes de plus de 26 ans de déduire leur période de stage de leur période d’essai de deux ans lorsqu’ils sont embauchés par une entreprise avec un contrat nouvelle embauche »

Si la tenue d'un registre des stages est une bonne idée, il y a fort à parier que leur controle remandera un travail supplémentaire qui ne pourra être mis en place qu'au coup par coup, et dans les grandes entreprises. Cela laisse le champ libre à tout le tissus des pme. De plus aucun détail sur la modalité des contrôles et les organismes qui l'effectueront...

La déduction des périodes de stage de la "période de consolidation" est effectivement plus que souhaitable, même si déduirre quelques mois de stage sur deux ans ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan de l'incertitude.

Mais le point le plus discutable est l'obligation de rémunération : pourquoi diable ne la rendre obligatoire qu'au bout de trois mois ??? Il n'est pas très difficile d'imaginer ce qui se produirait dans ce cas là : je vous parie que 90% des stages proposés auront une durée inférieure ou égale à trois mois ! Le seul moyen efficace de restreindre l'abus dans l'utilisation des stages en entreprise aurait été de rendre cette rémunération obligatoire par convention dès le premier jour de stage. Pour un parti politique qui place la revalorisation du travail au premier plan de ses préocupations on en attendait plus que ça. C'est frileux, et ça ne va pas beaucoup contrarier les pratiques actuelles. Dans le jargon on appelle ça un "effet d'annonce".
Par Varg Veum
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Jeudi 9 mars 2006
On croyait l'UMP totalement solidaire du projet CPE , mais il fait visiblement bon manger à d'autres rateliers, surtout quand cela peut permettre de se démarquer de Dominique de Villepin !

Hervé de Charettes (député UMP du Maine-et-Loire) a soufflé mercredi à l'assemblée nationale qu'il serait peut être bon de "suspendre le CPE". Ce fidèle de Nicolas Sarkozy oserait-il s'élever contre l'avis de son chef  ? On peut en douter au vu de la petite note postée sur le site officiel de l'UMP qui se félicite des amménagements du contrat annoncés par le premier ministre (je me demande d'ailleurs ou et quand, je n'ai  eu vent de rien de tel, mais bon, je ne suis pas non plus dans les petits papiers de la majorité !).

Le doute gagne peu à peu plusieurs membres del'UMP et pas des moindres, Jean-Louis Borlo par exemple qui estime que le doute peut "ne pas être une marque d'imbécilité" ...

Alors quid ? Pour ou contre ? Après avoir soutenu en bloc le projet, on peut se demander si la manoeuvre ne consistait pas à envoyer De Villepin au casse pipe pour mieux le tackler en disant que oui, il faut ré-examiner tout ça finalement, il faut se concerter. Pas grand chose à voir avec le 49-3 en somme. De là à dire que c'est une atteinte directe faite par Sarkozy à Villepin par l'intermédiaire des députés UMP (pratique pour ne pas se mouiller) il n'y a qu'un pas... mais j'extrapole un peu trop peut être ?
Par Varg Veum
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Jeudi 23 mars 2006
L'incessant jeu de girouette de la position de Nicolas Sarkozy vis à vis du gouvernement sur le CPE continue. Mais cette fois-ci, le divorce semble être au menu et pourrait être bientôt consommé !

Sources :  lemonde.fr 23/03/06 / lemonde.fr 23/03/06

"Solidaire mais différent" déclarait Nicolas Sarkozy... Différent de plus en plus, mais solidaire de moins en moins !
Après avoir joué à "je t'aime moi non plus", directement ou par le biais de députés, il semblerait que la position de Nicolas Sarkozy vis à vis du CPE se précise : " suspension du CPE pour un mois, le temps de négocier des aménagements" disait-il le 21 mars, "une expérimentation sur six mois" , bref, une remise en cause qui ne cadre pas vraiment avec la fermeté affichée de Dominique de Villepin qui refuse "tout retrait, suspension ou toute dénaturation du CPE".

Dans l'état actuel des choses, les proches du ministre de l'interieur pognostiquent :
"Si on recule, tout le monde dévisse, Sarkozy compris. Mais si Villepin tient bon, il sera le nouveau héros de la droite, explique un ministre, le vrai candidat du premier tour. Lui aura gagné une bataille ; Sarkozy n'aura été qu'un commentateur et un exécutant, comme dirait Chirac."
Ca commence à sentir le roussi, et ça Sarkozy l'a compris ! Dans un cas comme dans l'autre, il lui faut se préparer à quitter le navire, et vite. Ainsi, si Villepin s'en tire il lui fera moins d'ombre, et s'il plonge ça ne sera pas avec lui.  Après avoir consciencieusement miné le terrain, Sarkozy se prépare donc à changer de champ de bataille pour ouvrir le sien propre. A pas de loup certes, mais surement. Même si les mots ne sont pas encore clairement mis dessus, tout laisse à penser que la campagne du candidat Sakrozy va débuter sous peu, son prochain meeting à Douai lundi 27 mars nous le dira peut être !

Nicolas Sarkozy "a par ailleurs jugé que les manifestations présentaient le "danger" de réveiller "l'agitation dans les banlieues qui restent toujours extrêmement tendues".
Brandissant l'épouvantable épouvantail de la banlieue en feu, Sarkozy essaie à sa manière (toujours la même) d'appeler au calme et à l'ordre. Les banlieues sont  "extrèmement tendues" depuis des années, et la politique du(des) gouvernement(s) y est surement pour quelque chose. C'est cette même politique qui a ammené les jeunes dans la rue, rejoints par les salariés et les syndicats. Sans remettre en cause, sans chercher à analyser, essayant toujours de focaliser l'attention sur les casseurs, il voudrait nous faire croire que les manifestations ne drainent que peu ou pas de jeunes responsables, de salariés et "d'adultes" en général. Je pense qu'il devrait descendre s'en rendre compte par lui même et visiter les cortèges : derrière chaque casseur, il y a des milliers de manifestants pacifistes qui ont de réelles revendications. Et aussi admettre que ça n'est pas en appliquant l'ordre qu'on règle les problèmes, même si l'ordre est nécessaire à la bonne marche de toute société, il y a une foule de question que peu de politiciens ont abordé ces derniers mois.  Il peut paraitre paradoxal que les banlieues qui seront certainement les plus visées par les effets du CPE ne sont que peu représentées dans ces manifestations, mais quand tout tourne autour de l'honneur et de la réputation, on ne va pas manifester sagement derrière une banderole, ça fait pas sérieux. Chacun ses codes, c'est comme ça !  Mais ça n'est pas parce qu'elles ne manifestent pas qu'elles ne suivent pas tout ça de près au contraire, ça ferait même presque de la concurence. Donc forcément il va y avoir du répondant, et ça Nicolas Sarkozy le sait, aussi met-il en garde sans grand talent de devin pour ensuite se présenter comme celui qui "avait prévenu" et est là pour "apporter des solutions avec fermeté". On voit la politique qu'il a mené à l'interieur, on voit l'évolution de la délinquance... Bilan : bof.

La marche d'équilibriste de Sarkozy sur le fil qui mène à la présidentielle devrait bientôt commencer. Nous seront là pour suivre ce fil. Et de près !
Par Varg Veum
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