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Parlez en !

Fouiller l'Oeil

liberté j'aurais ta peau

Mercredi 8 février 2006

source : le monde.fr 06/02/2006

Visiblement la liberté de parole est devenue une chose toute relative...
Insulter et provoquer les jeunes de banlieues (avec les conséquences que l'on sait) en les traitant de racailles et leur proposer un grand nettoyage de printemps au karcher ça fait certes réagir et polémiquer, mais ça ne semble pas répréhensible en haut lieu. Par contre qu'un magistrat se permette de donner son avis sur la question, et là il en va tout autrement !
La vérité ferait-elle peur à entendre ?

Les propos tenus par Didier Peyrat, vice-procureur chargé des mineurs à Pontoise, dans les journaux Libération et Le Monde n'ont visiblement pas plu à Nicolas Sarkozy. Mais qu'à donc bien pu oser dire le Magistrat à son propos pour se voir gratifié d'un avertissement ?

Libération, le 8 novembre 2005 : "Les événements qui se déroulent dans les banlieues françaises prouvent l'échec radical de la droite dans ses politiques de sécurité depuis avril 2002(...) Mais on aurait tort de ne voir que le bilan piteux de la majorité UMP. (...) Nous savons maintenant que la criminalité est toujours là, tenace. Elle a résisté à vingt années de politique de la ville ; (...) aux démonstrations de virilité télégénique de Nicolas Sarkozy ; comme à l'augmentation des effectifs de police."

Le Monde
, le 17 novembre 2005 : "Luttons contre les causes. Banissons les mots vulgaires, les insultes, la démagogie de M.Sarkozy. Faisons de la prévention."

On comprend tout de suite mieux le couroux de notre ministre de l'intérieur ! Visiblement ce dernier a du mal à digérer la critique, tout préocupé qu'il est par un parcours sans faute. Comment repproche-t-on la chose à Didier Peyrat ? Jean-Amédée Lathoud, procureur général près la cour d'appel de Versailles, se fait porte-voix en jugeant ces propos "contraires aux obligations de réserve et de prudence". Bien, interprétons cette invective : un magistrat se doit donc de garder pour lui ce qu'il pense. Surtout s'il n'est pas d'accord sur un point de la politique gouvernementale. Ensuite il doit être prudent, sait-on jamais, ça pourrait déchainer les foules. Etrange, il n'y a pas plus de voitures brûlées depuis que ses propos ont été rapportés. Par contre utiliser le mot "racailles" pour parle d'une frange de la population qui vit en situation d'échec et laisse exploser son malaise, c'est très prudent, tellement prudent que du coup les jeunes de banlieues se sont dit "on est vraiment cons de semer la zizanie alors qu'il fait tant pour nous, faisons donc une grande réunion autour d'un feu, c'est convivial, et puis on chantera aussi des chansons et on rigolera beaucoup". Le hic, c'est qu'en banlieue il y a plus de béton que de bois de chauffage, du coup ils ont bien été obligés d'utiliser quelques voitures pour mettre l'ambiance. Mais c'est juste faute de bûches hein, pas du tout parce qu'ils étaient énervés qu'est-ce que vous allez vous imaginer. Parce que Sarkozy, LUI, il est très réservé et prudent. Il machouille bien ses mots dans sa bouche avant de les laisser sortir histoire de voir s'ils n'ont pas mauvais goût, il est pondéré, digne, un honnête représentant de la population quoi. Pas comme cet enquiquineur de Didier Peyrat qui a le culôt de remettre en cause ses politiques de sécurité. Ca c'est vraiment dangereux. Après tout, il est vice-procureur chargé des mineurs, donc les jeunes ça ne doit pas être son truc !

Menacer des gens qui ne sont pas tenus au secret médical ça s'appelle presque de la censure. Pas encore certes, mais c'est le stade juste avant. Celui ou on peut encore réagir. Après il sera trop tard. La démocratie n'est pas éternelle, elle est toute jeune, à peine 200 ans, et pas franchement majoritaire dans le monde. Ce serait folie de croire qu'elle est éternelle et fera son petit bonhomme de chemin sans qu'on s'en préocupe.

Ca reste étonnant de la part de quelqu'un qui déclare sur son site officiel :

Tout ceci ne peut fonctionner que si nous sommes capables de bannir l’esprit de clan, l’esprit partisan, l’esprit de chapelle. Chacun doit pouvoir s’exprimer, défendre ses idées et faire valoir ses convictions en étant respecté.

Nicolas Sarkozy
Réunion des cadres de l'UMP,
Dimanche 16 janvier 2005

Une bien belle leçon de conviction et de cohérence, et encore une bonne raison de réfléchir d'ici mai 2007... et d'ouvrir l'oeil, et le bon !

Par Varg Veum
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Mercredi 8 février 2006
source : site officiel de l'UMP  , Le Monde 7 février 2006.

L'avant projet de loi sur l'imigration de Nicolas Sarkozy propose une nouvelle approche des valeurs républicaines : Liberté, égalité... bientôt le slogan pourrait être plus court, pratique pour gagner en place sur les emblèmes de la france ! S'il ne reste plus que "Fraternité", on va faire de sacrées économies d'encre. Mais est-ce que ça sera suffisant pour boucher le trou de la SECU ?

 une bien belle image en parfaite harmonie avec le discours qui l'accompagne...


Une interview de Nicolas Sarkozy dans le Journal du Dimanche du 5 février 2006, reproduite sur le site de l'UMP , résume les principales propositions de son avant projet de loi sur l'immigration.
Le constat de départ, et la raison invoquée pour justifier la nécessité d'une telle loi est le suivant :
"(...)aujourd’hui seulement 5% des immigrés sont des immigrés du travail. Le système d’intégration s’est donc bloqué, emporté par le nombre grandissant d’une immigration irrégulière qui a conduit à une paupérisation de cette population, à la constitution de véritables ghettos, à la paralysie et au détournement du système."

On part donc d'une statistique chiffrée, à priori basée sur une mesure plus ou moins fiable.
En toute logique, le journaliste enchaine donc "Comment arrivez-vous à comptabiliser l’immigration irrégulière puisque par définition elle est clandestine?"
Ce à quoi l'intéressé répond que la France subie son immigration, qu'il ne faut pas céder à un extrème (l'immigration zero) ni à l'autre (l'absence de controle) mais trouver un juste milieu. On débute donc d'emblée par une non-justification de la statistique évoquée, qui comme le souligne justement le journaliste a peu de chance d'être mesurée car la clandestinité, en principe, on peut difficilement l'apprécier, sauf visiblement à l'UMP ou ils ont de fins limiers (à moins que ce ne soient des médiums ?).

Bref, accrobatie préambulesque habituelle de la langue de bois politicienne. Passons au contenu à proprement parler. L'immigration voulue par Nicolas Sarkozy serait une immigration "choisie". Certes. Mais choisie comment ? En fonction de quels critères ?

Les chercheurs pourront chercher... ailleurs.
Le projet de loi crée un titre de séjour "Compétences et talents" délivré aux étrangers "susceptible de participer, du fait de ses compétences et de ses talents, de façon significative et durable au développement de l'économie française ou du pays dont il a la nationalité". On introduit donc une notion de rendement dans le choix de l'immigration de travail. Amis hautement qualifiés, scientifiques, chefs d'entreprise, soyez les bienvenus, du moins pendant un certain temps, parce que tout de même il faudrait voir à ne pas abuser de notre hospitalité. Après le CPE, verra-t-on naitre un CPI (Contrat Première Immigration) assorti d'une période d'essai pour voir si l'investissement en immigration est réellement rentable ? Est-ce bien étonnant parès tout de la part d'un gouvernement fait entrer à grands coups de procédures d'urgence le droit du travail dans l'ère du jetable ?

Je préfère une tête bien pleine plutôt qu'une tête bien faite (surtout si elle vient d'ailleurs).
Les étudiants ? Sarkozy pense aussi à eux. Ils se verront délivrer un titre de séjour d'un à quatre ans, fonction de la durée du cursus dans lequel ils s'engagent. Au terme de cette période, et (on peut imaginer) s'ils ont bien travaillé, ils se verront délivrer un titre de séjour d'une durée de six mois pour chercher du travail, mais "au regard de leur projet professionnel, de leur projet de retour et des conditions dans lesquelles ils envisagent de participer au développement de leur pays"  (d'après l'entourage du ministre). Autrement dit on peut jouer les prolongations si on n'a pas l'intention de s'éterniser ici. Et si jamais les étudiants en question ont envie de rester travailler en France ? S'ils ont entre temps rencontré un ou une compagne et souhaitent y fonder une famille ?

Vous n'êtes ni qualifié ni étudiant ? Nous avons la solution !
"il est plus juste de faire venir des gens pour qui on a un travail et un logement que d’accueillir ceux à qui on ne peut rien offrir".
Quand on voit la difficulté avec laquelle un français moyen peut trouver un emploi stable et un logement, on se demande s'il ne va pas y arriver à l'immigration zero...
"Quand il y a des secteurs économiques où les Français ne sont pas candidats, il n’y a que des avantages à faire venir des travailleurs étrangers"
Mauvaise langue que je suis, on pourra toujours continuer à importer des balayeurs et des manutentionaires. Vivement qu'il n'y ait plus de candidats français à la présidence de la république qu'on rigole un peu !

à suivre...

Par Varg Veum
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Jeudi 9 février 2006
suite de la 1re partie...

Spreschen Sie französich ?
Dixit Le Monde : "l'étranger devrait dorénavant apporter la preuve de liens personnels et familiaux "anciens, stables et intenses", et justifier de ressources "stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins" et d'un logement "considéré comme normal pour une famille comparable vivant en France", ainsi que de son "intégration républicaine". Cette "condition d'intégration républicaine" deviendrait désormais une condition quasi générale d'attribution de carte de séjour, temporaire ou permanente".
Quand on sait comme il est facile pour un immigré de trouver du travail ou un logement... Un immigré qui aurait eu une période difficile, aurait commis un vol ou quelque autre acte répréhensible, se verrait alors refusé son titre de séjour même si par la suite il a réussi à s'en sortir et à avoir une situation stable. S'il a établi son petit coin de vie trop récemment on ne le considèrerait pas comme intégré, s'il lui reste des progrès à faire en français, itou. Un bel exemple d'encourragement. Mais minute, condamné et expulsé ça me rappelle une chanson... comment fait-elle déjà... ah oui ! "Je suis celui qui a été punis deux fois, puni ici et puis là bas". Serait-on en train de revenir à la double peine ? Heureusement non, ça ne peux pas être le cas, car Sarkozy a fait de sa suppression un de ses chevaux de bataille il y a quelques temps. Me voilà rassuré.

Abracadabra, fouchtra !
"Il y aurait une contradiction majeure à plaider pour l’intégration et à revenir sur le regroupement familial qui est un droit garanti par la Convention européenne des droits de l’homme. Il n’est pas question de revenir sur ce droit."
Et juste après (attention ça va aller très vite) :
"En revanche, je veux encadrer le regroupement familial: l’étranger qui demandera à être rejoint par sa famille devra prouver qu’il peut la faire vivre à partir des revenus de son travail. On ne prendra plus en compte les diverses allocations sociales".
Ah la beauté et la truculence de la langue française, on comprend mieux pourquoi Sarkozy veut que les immigrés la maîtrisent aussi bien que lui, ça permet changer sans changer. C'est quand même épatant ! Après la force tranquile, le changement statique...
En tous cas, un smicard, si on excepte ses allocations familliales, aurait difficilement de quoi faire vivre "correctement' sa famille, d'autant qu'on ne sait encore rien des critères d'appréciation de ce "correctement". Bref, que veut dire "prouver qu’il peut la faire vivre à partir des revenus de son travail" ? Des chiffres ? des exemples ?

On ne va pas non plus faire dans le détail !
"Dans le cas d’une femme gardée en otage à son domicile sans apprendre le français, la famille entière sera contrainte de repartir."
Voilà qui va surement alléger les tribunaux.

Plus vite ! Plus vite !
Jusqu'à maintenant, un étranger déclaré expulsable disposait d'un mois pour quitter le territoire. Le projet introduit une "obligation à quitter le territoire" qui ramène ce délai à quinze jours. Quinze jours pour dire adieu à sa vie, qui peut durer depuis de nombreuses années pour peu qu'on soit clandestin, qu'on travaille au noir, et qu'on ait fondé une famille. Dans ce cas pourquoi ne pas appliquer des procédures aussi expéditives aux politiques coupables de malversation, de corruption ou de détournement ? Je me plais à immaginer Jacques Chirac reconduit aux frontières de la Corèze en charter...
On pourra donc avoir travaillé au noir pour la France, en escroquant l'état certes (mais la faute incombe plus à l'employeur qu'à l'employé dans ce cas de figure) mais en contribuant néanmoins à son développement et se voir remercié au bout de quinze jours. Ne nous attristons pas trop cependant et pensons aux jeunes embauchés en CPE qui pourraient eux être remerciés du jour au lendemain pendant les premiers mois de leur contrat. Finalement peut être qu'on s'inquiète pour rien pour les immigrés, ils sont encore mieux traités que les français...

Donc si on résume :
Avec ce projet de loi on n'accepterait plus comme immigrés que des cerveaux ou des étudiants studieux, des ouvriers qui gagnent 1.500 euros net par mois, et le tout pour une durée déterminée, à la condition qu'ils soient parfaitement intégrés et gagnent bien leur vie. Ca représente surement une grande part de l'immigration ça. Mais ça n'est pas un prétexte pour, par une série de conditions, réduire l'immigration de manière sélective en arguant du bien des imigrés et de la France. Non madame, vous faites fausse route.

M'est avis que ce type de mesure tendrait à créer un climat de méfiance et d'hostilité, de peur de l'autre, un insolement et probablement un regain de clandestinité. Ca sera surement une bonne chose pour aider les immigrés à se sentir intégrés. Des fois j'ai franchement honte d'être français...

Par Varg Veum
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Dimanche 19 février 2006
Je vous invite à lire un article publié par Patrick Savidan (Maître de conférences en philosophie sociale et politique à l’Université de Paris-Sorbonne - Paris IV) sur le site de l'Observatoire des inégalités  étudiant les effets pervers des nouveaux CNE et CPE sur la condition salariale.
Très instructif, bien étayé, et malheureusement assez effrayant...


- Lien direct vers l'article
On y apprend entre autres que les motifs invoqués pour légitimer ces contrats sont partiellement infondés, et qu'ils vont mener à une transformation du rapport à l'emploi, et donc du travail, par la manière dont le droit du travail va être modifié...
Par Varg Veum
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Dimanche 19 février 2006
Une des mesures du plan de prévention de la déliquance de Nicolas Sarkozy vise à prévenir la déliquance dès l'enfance. Comment ? Par le biais de quels outils ? Quelles mesures et quelles solutions sont envisagées ?

Sources :

Un Fil de discussion sur Oedipe (le portail de la psychanalyse francophone) reprend un article du Monde du 8 novembre 2005 énonçant les grandes lignes du projet.

Etude de l'INSERM sur le trouble des comportements.

Un article exhaustif sur l'ensemble du projet est disponible sur le site inegalites.fr .


Un rapport fait par la commission « prévention » du Groupe d’Etudes Parlementaire sur la Sécurité Intérieure (GEPSI), présidée par Jacques-Alain Bénisti, député UMP du Val-de-Marne, préconise le suivi et l'encadrement des futurs délinquants dès leur plus jeune age. Avant qu'ils soient délinquants donc. Pêle mêle, on y trouve une stigmatisation des populations dites "à risque", qui sont ien évidemment issues majoritairement de l'immigration, et un appel à surveiller le bon apprentissage de la langue française, le bilinguisme étant presque considéré comme une pathologie...


Une expertise de l'INSERM  liste toute une série de "symptômes" permettant de déceler chez l'enfant de 3 ans et moins une nouvelle pathologie : "Le trouble des conduites".
La délinquance est donc abordée comme une "maladie" et non plus comme la résultante d'un contexte social ou économique. En route vers la tolérance zero !

Un fil de discussion sur  Oedipe reprend quelques uns des "symptômes" exposés dans le rapport :
"...indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas... "

Les enfants répondant à ces critères passeraient une série de tests pour savoir si ils dévient d'une norme de comportement :
" ...dépister dès les trois premières années de leur vie les enfants dont l’« instabilité émotionnelle (impulsivité, intolérance aux frustrations, non maîtrise de notre langue) [va] engendrer cette violence et venir alimenter les faits de délinquance »"

Le lien semble avéré...


"les enfants souffrant de ces troubles se retrouvent souvent parmi ceux qui " restent tard dehors la nuit avant 13 ans ", ont " fugué ou passé la nuit dehors ", ou " fait l'école buissonnière avant 13 ans ". " Chez ces jeunes, les violations des règles établies, seraient un prolongement des manifestations du trouble qui a commencé à la petite enfance ", selon l'Inserm.
" L'absentéisme, les incivilités à l'école et les situations d'échec scolaire ont été reliés aux troubles des conduites " que l'Inserm définit comme allant de désobéissances répétées à des agressions graves. L'Institut préconise " un repérage et une intervention précoces ", une amélioration " des échanges entre les acteurs de santé, les juges pour enfants et les juges aux affaires familiales ", des " interventions dans les familles à risques " et un " examen de santé vers 36 mois " car " à cet âge, on peut faire un premier repérage d'un tempérament difficile, d'une hyperactivité et des premiers symptômes du trouble des conduites ".

Personnellement il m'est arrivé à plusieures reprises de faire l'école buissonnière avant 13 ans, même avant 11, et j'ai également fugué de chez moi. Est-ce que ça voudrait dire que j'ai potentiellement un penchant à la déliquance ? Ca ne m'a pas pour autant empêché de grandir "dans le droit chemin" et d'avoir une situation dans la vie, un travail, un foyer... A moins que ça ne soit parce que je suis issu d'un foyer français de souche ?

"Entre 1 et 3 ans : seuls les parents, et en particulier la mère, ont un contact avec leurs enfants. Si ces derniers sont d’origine étrangère, elles devront s’obliger à parler le français dans leur foyer pour habituer les enfants à n’avoir que cette langue pour s’exprimer "

Doit-on comprendre que les enfants ayant grandis dans un foyer de parents étrangers et dans un contexte de balieue seraient plus sujets à la délinquance que les autres ?
L'échec scolaire, l'incivilité, l'absentéisme, le fait de mal maitriser la langue française deviendront-ils des critères pour orienter les enfants "en danger" vers l'apprentissage à 14 ans ?
Plus grave encore, certains chercheurs préconiseraient une médicalisation des enfants "repérés" à partir de 6 ans. Verra-t-on bientôt une dérive comparable à celle qui existe aux Etats Unis ?

Ca n'est pour l'instant qu'un rapport demandé pour étayer un projet de loi, mais on peut légitimement se préocuper fortement de ce que contiendrait un te projet s'il prenait pour acquis tout ce qui est édicté dans le rapport...
Si des troubles sont certainements décelables au plus jeune age de l'enfant, et peuvent laisser à penser qu'ils conduiront à une marginalisation et un comportement délinquant, cela reste une mesure scientifique à prendre avec des pincettes. La délinquance n'est pas une maladie. Le danger se situe dans la récupération politique qui pourrait être faite de ce genre d'études, surtout en ces temps de surenchère sécuritaire et de stigmatisation de certaines populations.

On ne peut encore une fois qu'être consternés devant un tel acharnement à ne pas considérer tous les aspects de la délinquance. Le contexte social ? Le contexte économique ? L'isolement ? Rien de tout ça, avec un bon CPE et un suivi psychiatrique éventuellement assorti de prise de médicaments, tout rentrera dans l'ordre...

Gardons l'oeil ouvert, et le bon.

Par Varg Veum
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Mercredi 7 juin 2006
Il est toujours pratique d'avoir Dieu de son côté, aussi prend-on les aspirations religieuses avec des pincettes quand elles constituent un fort électorat potentiel. Mais la réalité est bien autre que les discours, et les actes pas franchement catholiques. De l'effet d'annonce à la nausée...

Sources : Lemonde.fr du 7 juin 2006 - Lemonde.fr du 7 juin 2006 - Lemonde.fr du 6 juin 2006

Les annonces d'expulsions de sans papiers ayant des enfants scolarisés en France ont touché jsuqu'aux milieux chrétiens, qui s'ils aspirent à aider leur prochain le font habituellement dans la discrétion (contrairement à certains). Il est plutôt rare de les voir prendre position aussi ouvertement, mais à situation d'urgence mesures d'urgence.

Nicolas Sarkozy ménageant son électorat potentiel ne peut pas vraiment se permettre de se mettre la population chrétienne à dos, il a donc décidé de jouer les samaritains pour sauvegarder l'image. Mais en fait de samaritain, ses agissements tiennent plus de la Samaritaine. Et encore en période de promotion ! S'étaler grassement dans les médias en annonçant des régularisations qui ne concernent au final que 2% des enfants sans papier c'est vraiment prendre les gens pour des moutons, et Panurge ne dirait pas le contraire. D'autant que ces régularisations seraient soumises à conditions. Draconiennes comme à l'acoutûmée, entre autre : na pas parler la langue de ses parents (serait-ce un nouveau délit ?) et être né en France. On m'aurait dit "parler français", j'aurais encore senti une trace de logique dans le sens de l'intégration. Mais "ne pas parler la langue de ses parents", c'est très révélateur. Révélateur du degré de fermeture, de rejet et d'abjection de ce ministre de l'intérieur qui ose dire qu'il prend des mesures "humaines" alors que c'est tout le contraire. Demandé à un enfant d'immigré de n'avoir rien à voir avec son pays d'origine, c'est dire qu'on ne veut pas d'immigrés. D'aucune sorte. Sauf peut être ceux qui seraient nés en France ?

Je parle à peine des méthodes relevant d'une grande "humanité" comme dirait peut être Sarkozy consistant à envoyer la police chercher des gamins à l'école pendant les cours. On se foutra de ma gueule si on veut, mais ceux qui ont connu les années sombres de la seconde guerre mondiale du mauvais côté en ont surement des frissons. C'est maladroit dirait-on. Inacceptable, surement. Pour moi c'est totalement inconcevable, pas dans ce monde pour lequel des gens sont morts, je le refuse en bloc. Malheureusement c'est la triste réalité.

Au lieu de creuser dans le sens de l'intégration (des enfants scolarisés, n'est-ce pas un pas dans la bonne direction ?) et de se donner les moyens d'accueillir ceux qui le souhaitent vraiment (car c'est au moins en partie ce dont il est question), on joue aux cartes politiques avec de la matière humaine. En plus de celà on atise la haine, celle là même qui peut mener à l'incompréhension et l'ingorance, la peur systématique, qui sont bien plus dangereuses et insidieuses qu'un gamin qui vole un scooter. Les conséquences de ce qu'est en train de faire Nicolas Sarkozy sont difficiles à mesurer dans l'immédiat, à part malheureusement pour les gens qui vont être mis dehors, mais à moyen et long terme elles contribueront à monter les gens les uns contre les autres, à les faire se méfier, voir se détester sans chercher à savoir pourquoi. Et c'est là probablement la pire forme de société qu'on puisse souhaiter.
Par Varg Veum
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Vendredi 21 juillet 2006
Source : le monde.fr du 21 juillet 2006.

Ah les vacances, soleil, évasion, voyage... Le ministère de l'intérieur a décidé d'offrir des voyages aux plus démunis. Mais un aller simple uniquement.


Pendant les vacances, c'est bien connu, on pense à autre chose. Entre les beaux jours et la coupe du monde, difficile d'avoir envie de suivre l'actualité. C'est pourquoi on en profite à tour de bras. Certains pour faire la guerre, d'autres pour expulser. Mais qui expulse-t-on au juste ? Des délinquants ? Des criminels de guerre ? Que neni, on met dehors de simples lycéens qui ont du commettre un crime : celui de vouloir réussir leurs études pour s'intégrer, cette intégration qu'on leur impose comme un sine qua non pour leur séjour en France. Au nom de quoi ces expulsions ? On ne nous le dira jamais en face bien sûr !

Etudier sans papiers, même si l'on réussit, ça n'est pas suffisant.
Après Abdallah, Aminata a été mise dehors comme une indésirable. Combien d'autres cont suivre ? Combien de vie et d'espoirs ruinés alors qu'on reproche aux jeunes de ne pas rêver ? La canicule du mois d'août me fait craindre le pire. Pendant qu'on offrira des brumisateurs aux maisons de retraites, on offrira des charters à des gamins. Pendant ce temps les coupables se la coulent douce et bronzent leur image pour le sprint électoral de la rentrée.

Ne vous laissez pas trop distraire, gardez l'oeil ouvert, et le bon !
Par Varg Veum
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Lundi 16 octobre 2006
Un fichier qui recense les étrangers en situation régulière, ça vous dérange ? Dans la majorité des cas j'imagine que non. Mais si ce fichier recense aussi les enfants de ces étrangers, leurs relations, les personnes qui les hébergent et ceux qui leur rendent visite en centre de détention, ça ne vous choque pas ?

Source : ldh-france.org (ligue des droits de l'homme)


Nicolas Sarkozy aurait mis sa culotte à l'envers que ça n'aurait pas été pire. De la part d'un tourneur de veste, ça n'aurait pas été bien étonnant, mais il nous a encore joué un bon tour pendant les vacances d'été...

Le Ministère de l'intérieur a donc créé le fichier "Eloi" au mois d'août. Un nom plutôt sympathique quand on connait le saint en question, on pense tout de suite au Roi Dagobert, mais la réalité est malheureusement beaucoup moins drôle. Qu'est-ce que ce fichier, et quelle est sa finalité ?

Il est "destiné à faciliter l’éloignement des étrangers en situation irrégulière". Certes, la mode est à la mise des balayures sous le tapis ça n'est pas vraiment nouveau, mais ce fichier a une spécificité qui fait bondir : "y figureront non seulement les étrangers en instance d’éloignement, mais aussi leurs enfants, mais aussi les personnes chez qui ils sont assignés à résidence, mais aussi les personnes qui leur rendent visite dans les centres de rétention."
De là a ce qu'on nous propose des réductions d'impôts en cas de dénonciation il n'y a pas loin. Les mots sont faibles pour décrire le degré de nausé que provoque ce genre de textes, à l'utilité non seulement franchement douteuse, mais surtout dont l'atteinte aux libertés élémentaires est flagrant. Toujours par la peur, on cherche à intimider, toujours par la répression, on évite de chercher des solutions.

Alors bien sûr tout le monde n'héberge pas d'étrangers en situation irrégulière, peu de personnes en connaissent personnellement, mais si on fiche ainsi ce qui a trait aux étrangers, pourquoi ne pas le faire aussi pour les adolescent délinquants ? Ainsi on pourrait être surveillé si on est copain avec un jeune qui fume du haschich ou qui manifeste dans la rue, les parents et la familles pourraient se voir privés d'allocations si leurs enfants font des conneries... J'exagère ? Allez donc voir ici... On n'en est pas si loin. On y est même. Et on ne dit rien, parce que c'est pour notre bien.

Quand il ne reste plus que la peur pour diriger, c'est qu'on est incapable de diriger.
Or dans ce cas précis, il s'agit juste d'un petit ministre de l'intérieur aux dents longues. Il nous reste encore une possibilité d'éviter de vivre dans une société ou la répression et le tout sécuritaire gouvernent tout.

en mai 2007, votez ! Et ouvrez l'oeil, et le bon.


Par Varg Veum
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Mercredi 3 janvier 2007
J'aimerais relayer la mésaventure arrivée à "Brain Damage" (c'est un pseudo bien sûr) lors de sa tentative d'inscription sur les listes électorales. Pour aller voter, avoir envie d'accomplir un acte citoyen, ça n'est plus suffisant...

Source : FunHouse

... ou comment un ministre de l'interieur peut faire passer un texte qui modifie les conditions d'inscriptions sur les listes électorales.

Ce monsieur YoYo de l'intégration, tantôt contre la double peine, tantôt expulsant des délinquants pourtant séjournant régulièrement sur le territoire français, tantôt en faveur du droit de vote des immigrés, a donc décrété (au sens premier et second du terme) qu'il faudrait avoir fraîchement montré patte (peau ?) blanche.

Nicolas Sarkozy craindrait-il le point de vue de certaines populations ?
Par Varg Veum
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Lundi 23 avril 2007

On a beaucoup parlé de vote utile pour ce premier tour.

Visiblement beaucoup d'électeurs ont eu cette idée en tête, qu'ils aient voté pour l'UDF, le PS ou l'UMP. Au final, les partis "alternatifs" ont fait de  maigres scores, ce qui risque d'entrainer une grande frustration de leurs militants et sympathisants, qu'ils aient voté utile ou suivi leurs conviction.

Quelle réaction et quelle attitude adopteront-ils au second tour dans ce cas ?

Voter pour quelqu'un qui n'est pas vraiment "son" candidat est un acte difficile qui est tout à l'honneur de ceux qui l'ont accompli. Ca n'est pas facile, on a l'impression de se trahir, et au final on se demande ce qu'il reste pour le second tour.
Ce comportement a couté beaucoup aux petits partis, mais il faut se rappeler le traumatisme profond de 2002, et ne pas placer les électeurs qui ont douté sur le bucher de la démocratie. On ne peut pas en vouloir à des électeurs d'avoir envie de tailler l'extrème droite en pièce par le moyen d'expression le plus direct qui soit, et le plus démocratique (contrairement à ce qu'affirme le FN).

En tous cas il y a une chose à ne pas oublier : sur les deux candidats restants, il n'y en a qu'un qui sera ouvert à d'autres partis pour son gouvernement tout en respectant les différences, l'autre ne fera pas de concessions et ne partagera pas une miette du pouvoir comme il le fait déjà.

Voter utile, c'est surtout ne pas s'abstenir au second tour !

Par Varg Veum
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