Mercredi 7 juin 2006
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Il est toujours pratique d'avoir Dieu de son côté, aussi prend-on les aspirations religieuses avec des pincettes quand elles constituent un fort électorat potentiel. Mais la réalité est bien autre que les discours, et les actes pas franchement catholiques. De l'effet d'annonce à la nausée...
Sources :
Lemonde.fr du 7 juin 2006 -
Lemonde.fr du 7 juin 2006 -
Lemonde.fr du 6 juin 2006
Les annonces d'expulsions de sans papiers ayant des enfants scolarisés en France ont touché jsuqu'aux milieux chrétiens, qui s'ils aspirent à aider leur prochain le font habituellement dans la discrétion (contrairement à certains). Il est plutôt rare de les voir prendre position aussi ouvertement, mais à situation d'urgence mesures d'urgence.
Nicolas Sarkozy ménageant son électorat potentiel ne peut pas vraiment se permettre de se mettre la population chrétienne à dos, il a donc décidé de jouer les samaritains pour sauvegarder l'image. Mais en fait de samaritain, ses agissements tiennent plus de la Samaritaine. Et encore en période de promotion ! S'étaler grassement dans les médias en annonçant des régularisations qui ne concernent au final que 2% des enfants sans papier c'est vraiment prendre les gens pour des moutons, et Panurge ne dirait pas le contraire. D'autant que ces régularisations seraient soumises à conditions. Draconiennes comme à l'acoutûmée, entre autre : na pas parler la langue de ses parents (serait-ce un nouveau délit ?) et être né en France. On m'aurait dit "parler français", j'aurais encore senti une trace de logique dans le sens de l'intégration. Mais "ne pas parler la langue de ses parents", c'est très révélateur. Révélateur du degré de fermeture, de rejet et d'abjection de ce ministre de l'intérieur qui ose dire qu'il prend des mesures "humaines" alors que c'est tout le contraire. Demandé à un enfant d'immigré de n'avoir rien à voir avec son pays d'origine, c'est dire qu'on ne veut pas d'immigrés. D'aucune sorte. Sauf peut être ceux qui seraient nés en France ?
Je parle à peine des méthodes relevant d'une grande "humanité" comme dirait peut être Sarkozy consistant à envoyer la police chercher des gamins à l'école pendant les cours. On se foutra de ma gueule si on veut, mais ceux qui ont connu les années sombres de la seconde guerre mondiale du mauvais côté en ont surement des frissons. C'est maladroit dirait-on. Inacceptable, surement. Pour moi c'est totalement inconcevable, pas dans ce monde pour lequel des gens sont morts, je le refuse en bloc. Malheureusement c'est la triste réalité.
Au lieu de creuser dans le sens de l'intégration (des enfants scolarisés, n'est-ce pas un pas dans la bonne direction ?) et de se donner les moyens d'accueillir ceux qui le souhaitent vraiment (car c'est au moins en partie ce dont il est question), on joue aux cartes politiques avec de la matière humaine. En plus de celà on atise la haine, celle là même qui peut mener à l'incompréhension et l'ingorance, la peur systématique, qui sont bien plus dangereuses et insidieuses qu'un gamin qui vole un scooter. Les conséquences de ce qu'est en train de faire Nicolas Sarkozy sont difficiles à mesurer dans l'immédiat, à part malheureusement pour les gens qui vont être mis dehors, mais à moyen et long terme elles contribueront à monter les gens les uns contre les autres, à les faire se méfier, voir se détester sans chercher à savoir pourquoi. Et c'est là probablement la pire forme de société qu'on puisse souhaiter.
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