Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Qu'est-ce donc ?

Parlez en !

Fouiller l'Oeil

Bienvenue sur l'OEIL - un regard sur Nicolas Sarkozy

"En politique,  ce qu'il y a souvent de plus difficile à apprécier et à comprendre, c'est ce qui se passe sous nos yeux."

Alexis de Tocqueville ALEXIS DE TOCQUEVILLE

Homme politique et historien français (1805-1859)
Vendredi 31 mars 2006 5 31 /03 /2006 09:48
Le CPE, nous assure-t-on, est nécessaire pour résorber le chômage des jeunes de moins de 26 ans, il est nécessaire d'assouplir le droit du travail pour créer plus d'emploi. C'est sur ce constat que les travailleurs sont "trop" protégés qu'est en parti fondé l'intêret du CPE selon ses promoteurs. Olivier Favereau, économiste, est professeur de sciences économiques à l'université Paris-X analyse cet argument et le réfute avec bon sens...

Source : le monde.fr du 31 mars 2006

[intégralité de l'article ci-dessous]

La pensée libérale a toujours utilisé la rhétorique des effets pervers pour critiquer les réformes sociales. L'idée que l'enfer est pavé de bonnes intentions a servi contre les institutions les plus emblématiques de l'Etat-providence : par exemple la protection des travailleurs, poussée trop loin, se retournerait contre l'emploi en décourageant les nouveaux recrutements.

Pour la première fois peut-être, avec le contrat première embauche (CPE), la rhétorique des effets pervers pourrait bien s'appliquer à une réforme libérale. En effet, il y a un risque élevé que le CPE aggrave, au lieu de le diminuer, le chômage des jeunes, contrairement aux intentions de ses promoteurs. Et ce pour deux raisons techniques, non encore mentionnées dans le débat public.

Voici la première. Admettons pour le moment qu'il y ait bien une catégorie spécifique et homogène sur le marché du travail appelée "jeunes de moins de 26 ans". On sait que le taux de chômage de cette catégorie d'âge est beaucoup plus élevé que celui de la tranche d'âge immédiatement suivante. L'erreur commence quand on en déduit immédiatement que les jeunes seraient moins employables que les autres.

Or que nous disent les statistiques sur la durée moyenne de chômage des "jeunes" ? Elle est significativement plus faible que celle de toutes les autres classes d'âge : trois mois de 20 à 24 ans, contre dix mois de 40 à 44 ans (ancienneté médiane de chômage, selon l'enquête emploi 2003). C'est-à-dire que les "jeunes", toutes choses égales par ailleurs, sortent du chômage, en moyenne, plus vite que les autres salariés. Autrement dit, ils ne sont pas moins employables, ils sont plus employables (toujours en acceptant de raisonner sur une moyenne). Comment est-ce compatible avec un chômage relativement plus important des jeunes ? La réponse est cachée dans l'autre variable composant le taux de chômage : à chaque période, les jeunes qui sortent en moyenne plus vite du chômage, sont, proportionnellement, encore plus nombreux à entrer en chômage. La réconciliation de ces deux constats tient en une seule expression : emplois précaires. Les jeunes passent plus souvent que les autres sur le marché du travail, parce qu'on leur propose et qu'ils acceptent, plus souvent que les autres, des emplois de courte durée.

Dans ces conditions, il faut faire preuve d'un optimisme scientifiquement infondé pour voir dans le CPE un remède miracle contre la précarité à l'origine du chômage des jeunes. Bien au contraire, le CPE rajoute, à une liste déjà bien fournie (CDD, intérim, contrats aidés, etc.), un nouveau facteur de rotation des emplois : le droit de licencier sans explication à tout moment pendant un délai maximum de vingt-quatre mois ! Cette façon de rechercher la flexibilité au niveau des jeunes risque de produire plus de précarité qu'elle n'en éliminera.

Mais il y a une deuxième raison de douter de l'efficacité du remède proposé. Tout ce qui précède suppose, comme le fait explicitement le CPE, que l'on doit mettre à part dans le fonctionnement du marché du travail les jeunes de moins de 26 ans : ceux-ci formeraient une catégorie statistique homogène. Or il n'en est rien. L'approche institutionnaliste du marché du travail nous a appris que le chômage est associé à une dynamique de sélection de salariés, et qu'il est concentré sur les actifs peu qualifiés, avant toute considération d'âge. Il conviendrait donc (au minimum) de distinguer, au sein des jeunes de moins de 26 ans, ceux qui sont peu ou pas qualifiés, ceux qui ont une qualification décalée par rapport aux demandes des entreprises et ceux qui sont très qualifiés. Leurs problèmes éventuels de chômage appelleraient chaque fois un traitement spécifique. Les promoteurs les plus avertis du CPE en conviendraient volontiers. Malheureusement, cela n'empêchera pas le CPE de produire son impact déstructurant. Cela passe par deux mécanismes bien connus.

Il y a d'abord un effet de signalement et de stigmatisation, qui confirme à tous les recruteurs qu'embaucher un jeune de moins de 26 ans est une opération tellement aventureuse qu'il faut des avantages exceptionnels pour la rendre économiquement rationnelle - en l'occurrence rien de moins qu'une suspension d'une partie du code du travail ! Il y a ensuite un effet de coordination et d'institutionnalisation : cette catégorie nouvelle, dans la mesure même de son succès, va s'intégrer aux pratiques de gestion des effectifs par les entreprises. Sur quelle base ?

La probabilité est élevée que ce soient les peu ou pas qualifiés qui déteignent sur les autres segments, plutôt que l'inverse : on verra des jeunes, qui auraient pu accéder à un CDI standard, devoir se contenter d'un CPE ; inversement on ne voit pas pourquoi la situation des jeunes les moins qualifiés tirerait un quelconque bénéfice de la dégradation du sort de leurs congénères mieux lotis. A nouveau, cette façon de concentrer la recherche de la flexibilité sur l'ensemble des jeunes risque de se révéler contre-productive, cette fois en créant de la précarité là où il n'y en avait pas. Certes le principe du vaccin consiste à inoculer le mal pour mieux s'en protéger. Ainsi (peut-être) de la flexibilité et de la précarité. Encore faut-il ne pas se tromper de dose.

Par Varg Veum - Publié dans : Langue de bois
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 30 mars 2006 4 30 /03 /2006 11:18
La déferlante anti-CPE continue, l'UMP a sorti les planches et compte bien surfer dessus.

Sources : site officiel de l'UMP

Dans une conférence de presse des portes paroles de l'UMP lundi 27 mars, l’UMP n'en finit plus de "réaffirmer sa solidarité sans faille avec le gouvernement ".
Heureusement qu'ils le répètent à tout bout de champ, parce que vu leurs dires et leurs actes on pourrait légitimement en douter ! Entre le patron qui envoie des piques assassines aux diners et les suggestions de suspension par députés interposés, on se demande qui des deux se moque le plus du monde : Villepin et son CPE, ou Sakrozy et son attitude navrante. On aurait pu attendre mieux de lui, mais là franchement c'est pas vraiment du grand art : cynisme, coups bas, il ne s'en cache plus et jubile dans son coin tout à l'abri qu'il est. Tant qu'il n'y aura pas de (nouvelle ?) bavure, il aura le beau rôle.

L'UMP rend honneur au « courage et (à la) détermination » du gouvernement qui « s’attaque à un vrai problème de société qu’est celui de la précarité des jeunes » selon Valérie Pécresse. On a toujours tendance à admirer les gens qui se font cribler de balles et continuent à avancer, surtout quand on est dans les gradins pas vrai ? La même valérie pousse même jusqu'à ajouter que Nicolas Sarkozy n'a nullement l'intention de délaisser le gouvernement en ces temps troubles, car « ce n’est pas au moment où le navire tangue qu’il faut le quitter ». Alors même qu'un certain Sarkozy fait meeting en "homme libre", parle de rupture, suggère une alternative au comportement de Villepin... on a déjà vu mieux comme soutien non ? Soit ils se moquent des journalistes, soit ils veulent faire passer leurs adhérents pour des simples d'esprit, soit ils se foutent du monde...
Je pencherais pour les trois.

Face à cette crise, l’UMP en appelle à la responsabilité de chacun pour que « dans le cadre d’un dialogue constructif et ouvert », « tous les acteurs (organisations syndicales, syndicats étudiants, gouvernement) s’assoient autour d’une table et qu’ensemble, ils imaginent les contours d’un compromis ».
Il serait plutôt temps de tout reprendre depuis le début plutôt que "d'imaginer le contour d'un compromis". Ca me rappelle un peu le "on s'autorise à penser dans les millieux autorisés" de Coluche. "Il faudrait parler comme ça on communiquerait mieux" est en substance la proposition de l'UMP. Brillant. Mais on attend toujours des suggestions plus avancées.

Je commencais à croire que Sarkozy avait délaissé son cheval de bataille favori : la peur. Mais il n'en est rien. L'UMP a peur pour vos enfants, il craint « que les jeunes auxquels s’adresse le CPE soient aussi ceux qui paient les pots cassés ». Cette petite phrase anodine a trotté un moment dans ma tête avant que je ne remarque un mot qui me semblait superflu au premier abord : aussi .
On devrait donc comprendre que le CPE, comme les conséquences des grèves et des manifestations, est une chose néfaste ? Non seulement ils perdent leur temps et ratent leurs études, mais en plus ce sont eux qui sont la "cible" du CPE. Je pousse le bouchon sémantique peut être un peut trop loin, mais ça ressemble un peu à une condamnation déguisée...

Laïus habituel sur les vilains méchants qui guettent vos enfants : « aux risques qu’encourent les étudiants dans les manifestations en matière de sécurité », s’ajoute celui « qu’avec le blocage des facultés et des universités, les étudiants soient empêchés de passer leurs examens ».
On ne sait donc pas trop bien qui du gouvernement, des syndicats ou des jeunes sont responsables de tout ça (un peu tout le monde, personne en particulier, le contexte...) mais surtout ne remettons rien en question, et puis comme ça on ne se met personne à dos !
Il y a et il y aura toujours des gens mal intentionnés pour profiter des manifestation de grande ampleur, que ça soit des casseurs, des voleurs ou des petites frappes. Je ne reviendrais pas dessus outre mesure (voir article précédent) mais ça devient un peu pénible de focaliser l'attention sur 1000 ou 2000 personnes quand il y a 3 millions de personnes dans la rue. 2000 personnes par exemple, ça représente 0.07% de 3 millions. Je ne suis pas sur que ça soit statistiquement beaucoup plus dangereux en proportion de manifester que de sortir en soirée le week end. Ou de prendre sa voiture. Ou de voter pour Sarkozy.
Quant au fat de risquer de perdre une année d'étude, oui c'est une chose indéniablement grave. Mais peut être que les jeunes qui manifestent estiment qu'une année c'est un maigre sacrifice en regard de ce qu'ils se battent pour conserver, à savoir le droit à la considération. Si on refuse de les considérer comme responsables et dignes de confiance, comment leur reprocher par la suite de ne pas vouloir devenir adulte ?!

Par Varg Veum - Publié dans : Langue de bois
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 28 mars 2006 2 28 /03 /2006 11:28
On le préssentait fortement, c'est chose faîte. Le candidat Sarkozy a fait son entrée sur la scène politique. En route pour 2007, plus rien de sera comme avant avec la France d'après qu'il nous prépare !

Sources :
Le monde.fr du  27 mars 2006
site officiel de l'UMP
le Monde du 15 septembre 2004 (via le site fairelejour.org)


Hier se tenait le premier meeting de Nicolas Sarkozy sans étiquette "UMP" hier à Douai (mais pourtant diffusé sur le site de l'UMP, on ne chipotte pas sur les étiquettes quand il s'agit de communiquer !). Le slogan ? On connaissait déjà la mystérieuse "France d'après" que Sarkozy nous propose par le biais d'un clip qui fleure bon le "travail, famille , patrie". Maintenant on sait que cette France là sera "plus juste et plus sûre". Pour qui ? et comment ?

Jouant de la vague de protestation sociale comme pas deux, Nicolas Sarkozy exploite les angoisses les plus profondes de la nation tel un croquemitaine qui se nourrit des peurs des petits enfants. "Une France plus juste, c'est celle qui saura protéger les Français contre l'insécurité économique et sociale". Faire campagne contre l'insécurité on s'y attendait, mais rassembler sous une même expression l'insécurité économique et sociale, ça frise le génie démagogique ! Ainsi on peut faire du social, s'attirer la sympathie des prosécuritaires, et se démarquer de la droite au pouvoir comme de l'extrème tout à la fois, tout en rompant avec l'image de premier flic de France aux médecines pas vraiment douces. On souhaiterait que les mesures proposées soient aussi efficaces que l'est le discours du candidat Sarkozy, malheureusement les quelques miettes qu'on veut bien nous laisser pour l'instant ne nous laissent pas juger de grand chose... Aussi devrons-nous nous contenter pour l'instant de comparer les projets connus au dialogue, je ne m'attarderait que sur deux points  :

- le contrat unique de travail à durée indéterminée : souhaité et réclamé par de Medef depuis pas mal de temps, on aimerait bien en savoir plus notamment sur les conditions de licenciement, la durée de la période d'essai et les garanties en cas de rupture. Critiquer ses collègues qui se cassent les dents sur le CPE c'est bien joli, critiquer le PS qui critique sans "formuler des propositions cohérentes" c'est bien aussi, mais dire "moi je suis ouvert au dialogue pas comme ces bronés qui utilisent le 49-3" et ne rien proposer de concret si ce n'est "suspendre le CPE pour ouvrir les négociations" ça ne vaut pas vraiment mieux. On le sait, un CDI en l'état ne pourra convenir comme contrat unique. Il existe déjà un CDD pour les besoins d'embauche ponctuels, qui protège relativement bien les salariés (c'est probablement ce qui gêne le MEDEF). Donc forcément, un contrat unique qui ferait disparaitre le CDD et l'intérim, ça ne pourrait être qu'une fusion du CDD et du CDI. Or une telle fusion ne serait acceptable par les (patrons des grandes) entreprises que si elle offre un maximum de souplesse, donc une période d'essai relativement longue, et des conditions de licenciement simplifiées. Fort à parier donc que ça ressemble à une sorte de "CPNE" ! On a pu entendre des voix au MEDEF s'élever contre le CPE, mais il faut réaliser que ça n'est pas le fonctionnement du contrat qui les dérange mais le fait qu'on ne leur ait pas proposé directement un contrat unique, pour les jeunes, les vieux, les autres, quelle que soit la taille de l'entreprise. Le contrat unique à durée indéterminée, pour moi, c'est un CNE étendu à toutes les catégories d'entreprises. Je me trompe peut être, l'avenir (proche) nous le dira...

- la franchise des droits de succession : on pensait qu'il avait déjà fait pas mal en 2004, mais visiblement ça n'est pas suffisant et il faut en remettre une couche. Lé réforme des droits de sucession qu'il avait alors lancé bénéficiait selon lui aux "français moyens", le hic étant que si on ne veut pas mettre en doute sa bonne foi, il faut reconnaitre qu'on ne doit pas avoir la même conception de "français moyens" : la moyenne des sucessions en France se situe aux alentours de 50 à 60.000 euros, or la réforme exonérait les sucessions à hauteur de 100.000 euros. Autant dire que ça n'est pas fondamentalement égalitaire. Alors quand on a une notion aussi biaisée de la France moyenne, on peut légitimement craindre sa conception du "juste". Une France plus juste oui, mais pour qui ? pour tout le monde ? étrange, le slogan ne le précise pas ...
On comprend tout de suite mieux pourquoi Sarkozy emploie le terme "mérite" à tout bout de champ. Visiblement seront récompensés en premier (et seul ?) lieu ceux qui auront fait des efforts. Si faire des efforts c'est hériter d'un patrimoine superieur à 100.000 euros, je daigne volontier me fatiguer.

Sarkozy souhaite "une France où les dés ne seraient pas pipés, (...) une France où la réussite ne serait pas jalousée". J'ai parfois du mal à le suivre dans ses contradictions : souhaiter une France plus juste et sûre ou on encouragerait la réussite ça ne peut pas par nature aboutir à quelque chose d'équitable par principe. Mais ça il ne s'en cache guère, et il affirme même que ça n'est pas en donnant la même chose à tout le monde qu'on aboutit à une société meilleure, mais en donnant  à tous la même chance et en récompensant les plus méritants. La "France plus juste" n'est donc pas dans le fond une utopie d'égalité dans les traitements et les droits, mais une réalité de favoritisme pour les meilleurs. Les meilleurs intellectuellement, économiquement, socialement. Et tant pis pour ceux qui n'auront pas su se distinguer, il faudra qu'ils se contentent du minimum syndical (si les syndicats existent encore d'ici là). Finalement, sa "France d'après" ne serait-elle pas plutôt une "France d'avant" ?  ou une "France d'après le 19e siècle" ?

Vous allez dire que j'exagère un peu. Peut être bien. Mais juste un peu alors.
Par Varg Veum - Publié dans : démago-a-gogo
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 23 mars 2006 4 23 /03 /2006 12:20
L'incessant jeu de girouette de la position de Nicolas Sarkozy vis à vis du gouvernement sur le CPE continue. Mais cette fois-ci, le divorce semble être au menu et pourrait être bientôt consommé !

Sources :  lemonde.fr 23/03/06 / lemonde.fr 23/03/06

"Solidaire mais différent" déclarait Nicolas Sarkozy... Différent de plus en plus, mais solidaire de moins en moins !
Après avoir joué à "je t'aime moi non plus", directement ou par le biais de députés, il semblerait que la position de Nicolas Sarkozy vis à vis du CPE se précise : " suspension du CPE pour un mois, le temps de négocier des aménagements" disait-il le 21 mars, "une expérimentation sur six mois" , bref, une remise en cause qui ne cadre pas vraiment avec la fermeté affichée de Dominique de Villepin qui refuse "tout retrait, suspension ou toute dénaturation du CPE".

Dans l'état actuel des choses, les proches du ministre de l'interieur pognostiquent :
"Si on recule, tout le monde dévisse, Sarkozy compris. Mais si Villepin tient bon, il sera le nouveau héros de la droite, explique un ministre, le vrai candidat du premier tour. Lui aura gagné une bataille ; Sarkozy n'aura été qu'un commentateur et un exécutant, comme dirait Chirac."
Ca commence à sentir le roussi, et ça Sarkozy l'a compris ! Dans un cas comme dans l'autre, il lui faut se préparer à quitter le navire, et vite. Ainsi, si Villepin s'en tire il lui fera moins d'ombre, et s'il plonge ça ne sera pas avec lui.  Après avoir consciencieusement miné le terrain, Sarkozy se prépare donc à changer de champ de bataille pour ouvrir le sien propre. A pas de loup certes, mais surement. Même si les mots ne sont pas encore clairement mis dessus, tout laisse à penser que la campagne du candidat Sakrozy va débuter sous peu, son prochain meeting à Douai lundi 27 mars nous le dira peut être !

Nicolas Sarkozy "a par ailleurs jugé que les manifestations présentaient le "danger" de réveiller "l'agitation dans les banlieues qui restent toujours extrêmement tendues".
Brandissant l'épouvantable épouvantail de la banlieue en feu, Sarkozy essaie à sa manière (toujours la même) d'appeler au calme et à l'ordre. Les banlieues sont  "extrèmement tendues" depuis des années, et la politique du(des) gouvernement(s) y est surement pour quelque chose. C'est cette même politique qui a ammené les jeunes dans la rue, rejoints par les salariés et les syndicats. Sans remettre en cause, sans chercher à analyser, essayant toujours de focaliser l'attention sur les casseurs, il voudrait nous faire croire que les manifestations ne drainent que peu ou pas de jeunes responsables, de salariés et "d'adultes" en général. Je pense qu'il devrait descendre s'en rendre compte par lui même et visiter les cortèges : derrière chaque casseur, il y a des milliers de manifestants pacifistes qui ont de réelles revendications. Et aussi admettre que ça n'est pas en appliquant l'ordre qu'on règle les problèmes, même si l'ordre est nécessaire à la bonne marche de toute société, il y a une foule de question que peu de politiciens ont abordé ces derniers mois.  Il peut paraitre paradoxal que les banlieues qui seront certainement les plus visées par les effets du CPE ne sont que peu représentées dans ces manifestations, mais quand tout tourne autour de l'honneur et de la réputation, on ne va pas manifester sagement derrière une banderole, ça fait pas sérieux. Chacun ses codes, c'est comme ça !  Mais ça n'est pas parce qu'elles ne manifestent pas qu'elles ne suivent pas tout ça de près au contraire, ça ferait même presque de la concurence. Donc forcément il va y avoir du répondant, et ça Nicolas Sarkozy le sait, aussi met-il en garde sans grand talent de devin pour ensuite se présenter comme celui qui "avait prévenu" et est là pour "apporter des solutions avec fermeté". On voit la politique qu'il a mené à l'interieur, on voit l'évolution de la délinquance... Bilan : bof.

La marche d'équilibriste de Sarkozy sur le fil qui mène à la présidentielle devrait bientôt commencer. Nous seront là pour suivre ce fil. Et de près !
Par Varg Veum - Publié dans : démago-a-gogo
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 21 mars 2006 2 21 /03 /2006 14:48
Comment ne pas aller à l'encontre du mouvement de protestation de l'UMP pour souligner qu'on le comprend et ainsi ne pas froisser ses acteurs, tout en s'attirant la sympathie des honnêtes gens excédés par tout ce remue-ménage ?
Exercice de style, prenez-en de la graine !

source : site officiel de l'UMP

Dans un communiqué sur le site officiel de l'UMP daté du 17 mars, Philippe GOUJON, Président de la Fédération de Paris envoie un vibrant bravo aux forces de l'ordre et au sang froid des citoyens :
"L'UMP Paris condamne les exactions d'une petite minorité de casseurs"


Il dénonce "les exactions commises par une petite minorité de casseurs qui n’ont rien à voir avec les étudiants qui ont manifesté hier à Paris".
Ca on le savait déjà ! A moins de vouloir se mettre tout l'opinion publique à dos, ils serait malhabile de mettre le feu à des voitures.

"Il faut rendre hommage au sang froid et au savoir-faire des forces de l’ordre qui malgré des agressions gratuites et inadmissibles que chacun à pu constater à la télévision, ont su à la fois préserver l’ordre public, permettre aux jeunes de manifester sans danger et limiter le plus possible les dégâts infligés aux commerces".
Vu à la TV ! Faudra-il bientôt apposer ce sigle sur les communiqués pour les crédibiliser ?!
Evidemment ce genre de débordements sont inadmissibles, qui trouverait normal qu'on mette le feu ou qu'on casse gratuitement à part quelques poignées d'extrémistes ?
Il est franchement regrettable qu'un te communiqué s'appuie sur un "Vu à la TV" pour se légitimer. Que doit-on comprendre à ça ? que si c'est passé à la télé c'est forcément vrai ? Plus crédible qu'une autre source d'information ? Que ça résume en soi la situation sans qu'il soit besoin d'aller chercher ailleurs ?
Attention danger, la télé fait de la politique...

"Enfin, la Fédération tient à saluer le calme des parisiens, exemplaires pendant les troubles".
N'exagérons tout de même pas, quelques casseurs excités ça n'est pas non plus une situation de guerre. En guise de calme j'imagine que les "parisiens" sont resté terrés chez eux, ce que j'aurais aussi probablement fait à leur place...
On congratule donc les pauvres citoyens pris en otage d'une guerrilla visiblement d'une incroyable violence, on rend grâce au droit des jeunes de manifester, on félicite la police et tout le monde est content.

Par contre pas un mot sur le syndicaliste roué à terre qui à cette heure est toujours dans le coma. Sa famille aussi aurait apprécié qu'on "salue son calme"...

Par Varg Veum - Publié dans : Langue de bois
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 9 mars 2006 4 09 /03 /2006 16:32
On croyait l'UMP totalement solidaire du projet CPE , mais il fait visiblement bon manger à d'autres rateliers, surtout quand cela peut permettre de se démarquer de Dominique de Villepin !

Hervé de Charettes (député UMP du Maine-et-Loire) a soufflé mercredi à l'assemblée nationale qu'il serait peut être bon de "suspendre le CPE". Ce fidèle de Nicolas Sarkozy oserait-il s'élever contre l'avis de son chef  ? On peut en douter au vu de la petite note postée sur le site officiel de l'UMP qui se félicite des amménagements du contrat annoncés par le premier ministre (je me demande d'ailleurs ou et quand, je n'ai  eu vent de rien de tel, mais bon, je ne suis pas non plus dans les petits papiers de la majorité !).

Le doute gagne peu à peu plusieurs membres del'UMP et pas des moindres, Jean-Louis Borlo par exemple qui estime que le doute peut "ne pas être une marque d'imbécilité" ...

Alors quid ? Pour ou contre ? Après avoir soutenu en bloc le projet, on peut se demander si la manoeuvre ne consistait pas à envoyer De Villepin au casse pipe pour mieux le tackler en disant que oui, il faut ré-examiner tout ça finalement, il faut se concerter. Pas grand chose à voir avec le 49-3 en somme. De là à dire que c'est une atteinte directe faite par Sarkozy à Villepin par l'intermédiaire des députés UMP (pratique pour ne pas se mouiller) il n'y a qu'un pas... mais j'extrapole un peu trop peut être ?
Par Varg Veum - Publié dans : démago-a-gogo
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 3 mars 2006 5 03 /03 /2006 16:07
Source : site officiel de l'UMP

Le premier ministre Dominique de Villepin propose d'ici la fin du mois l'élaboration d'une "charte des stages" censé assurer une rémunération pour ces derniers. Pour tous les stagiaires ? Pas vraiment...

Ecartons nous quelque peu de Nicolas Sarkozy, mais restons dans sa philosophie puisque ce projet est soutenu par l'UMP et son président...

On nous avait promis une amélioration des conditions pour les stages en entreprise, suite à la levée de boucliers du collectif  "Génération précaire" qui avait attiré l'attention de l'opinion publique.
On trouve en effet sur le forum de leur site une liste accablante d'offre d'empli relevée ici et là sur des sites spécialisés qui proposent en réalité une proportion de stages impressionante. Pour vous en faire une idée, je vous invite à vous rendre sur n'importe quel site d'offres d'emploi, choisir un secteur, et relever la proportion de stages. La conclusion s'impose d'elle même : on propose souvent comme type de contrat "stage". Inutile de rappeler qu'un stage d'a rien d'un contrat de travail !

Le projet de charte des stages se propose donc de remédier à cet abus afin de favoriser l'embauche des jeunes et de résorber le chômage. Sur le principe il est difficile de ne pas être d'accord, seulement quand on voit les mesures envisagées on peut douter de l'efficacité :

- rendre « obligatoires les conventions de stage, la rémunération des stages au-delà de trois mois »
- (... que) chaque entreprise tienne un « registre des stages du même type que le registre du personnel afin de recenser les jeunes stagiaires et de contrôler d’éventuels abus »
-  permettre aux jeunes de plus de 26 ans de déduire leur période de stage de leur période d’essai de deux ans lorsqu’ils sont embauchés par une entreprise avec un contrat nouvelle embauche »

Si la tenue d'un registre des stages est une bonne idée, il y a fort à parier que leur controle remandera un travail supplémentaire qui ne pourra être mis en place qu'au coup par coup, et dans les grandes entreprises. Cela laisse le champ libre à tout le tissus des pme. De plus aucun détail sur la modalité des contrôles et les organismes qui l'effectueront...

La déduction des périodes de stage de la "période de consolidation" est effectivement plus que souhaitable, même si déduirre quelques mois de stage sur deux ans ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan de l'incertitude.

Mais le point le plus discutable est l'obligation de rémunération : pourquoi diable ne la rendre obligatoire qu'au bout de trois mois ??? Il n'est pas très difficile d'imaginer ce qui se produirait dans ce cas là : je vous parie que 90% des stages proposés auront une durée inférieure ou égale à trois mois ! Le seul moyen efficace de restreindre l'abus dans l'utilisation des stages en entreprise aurait été de rendre cette rémunération obligatoire par convention dès le premier jour de stage. Pour un parti politique qui place la revalorisation du travail au premier plan de ses préocupations on en attendait plus que ça. C'est frileux, et ça ne va pas beaucoup contrarier les pratiques actuelles. Dans le jargon on appelle ça un "effet d'annonce".
Par Varg Veum - Publié dans : démago-a-gogo
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 27 février 2006 1 27 /02 /2006 14:37
Source : site officiel de l'UMP

Dans un soucis évident de donner sa chance aux jeunes dans la course à l'insertion professionnelle, l'UMP a décidé de recruter des stagiaires pour la rédaction de notes de synthèse.


La direction des études recrute des stagiaires à temps complet pour rédiger des notes de synthèse sur des sujets d’actualité. Vous avez un niveau d’études de licence minimum (ou IEP), une bonne maîtrise de la langue française, un esprit de synthèse, vous avez l’esprit ouvert et savez rechercher les documents nécessaires, venez rejoindre la direction des études de l’UMP pour participer à l’élaboration des dossiers de fond qui préfigurent les grandes conventions thématiques de notre mouvement.
Envoyez votre cv à etudes@u-m-p.org

On demande donc des stagiaires à temps complet, autrement dit pour faire le boulot d'un employé à plein temps, avec un niveau d'études BAC +4 minimum. L'histoire ne dit pas si les stagiaires seront payés, et s'ils le sont si ce sera au dessus des fatidiques 30% du smic qui garantissent l'exonération des cotisations sociales...

Une chose au moins est sûre : on ne pourra pas reprocher à l'UMP de ne pas appliquer les recettes qu'il préconise !
Par Varg Veum - Publié dans : démago-a-gogo
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 27 février 2006 1 27 /02 /2006 14:22
Nicolas Sarkozy sait jouer des medias comme un nerd joue à la playstation : à outrance et sans aucune limite ! Enième preuve, une couverture de TV Magazine qui joint encore une fois "sincérité" (sic) et populisme (re-sic)...

Source :  article liberation.fr du 27 février

Ou l'on apprend que Sarkozy et Denisot sont  de grands amis et que désormais les chaînes de télé considèrent un de se passages médiatiques comme un investissement avec retour d'audience. Il est bien loin le temps ou l'on faisait venir des comiques provocateurs dans les émissions de variété...

Cette couverture serait la sine qua non au passage de Sarkozy dans l'émission de Denisot sur la chaîne Canal+. Vous me direz, quand on est une star du petit écrou il est bien normal qu'on ait des caprices !

L'audience sera-t-elle au rendez-vous ? Nous verrons bien si Michel Denisot a misé sur le bon cheval !
Par Varg Veum - Publié dans : démago-a-gogo
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 27 février 2006 1 27 /02 /2006 09:31
Sarko Skanking : Au pays de RastaKozy, les langues se délient ! (fichier mp3)

























Un travail remarquable de montage réalisé par Polemix & la voix off (discours) et Onsfoudkila (intégration musicale) posé sur une version du légendaire studio jamaicain Studio One.

S'il y a pas mal de racourcis, on croirait parfois l'entendre penser tout haut...

De quoi commencer la semaine en musique !




Par Varg Veum - Publié dans : Langue de bois
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés