Bienvenue sur l'OEIL - un regard sur Nicolas Sarkozy
ALEXIS DE TOCQUEVILLEHomme politique et historien français (1805-1859)
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ALEXIS DE TOCQUEVILLECe contrat permettra aux jeunes de poursuivre leurs études de manière autonome, moyennant l’attribution d’un prêt à taux zéro, ou de suivre un programme rémunéré d’accompagnement et d’aide à la recherche d’emploi. Ce prêt d’un maximum de 10.000 € par an pourra être obtenu pendant 5 ans."
Passons sur le fait de confondre "envie d'indépendance" et "galères financières", il doit surement y avoir peu d'étudiants "défavorisés" chez les jeunes populaires.On ne parle ces temps-ci que du projet de loi d’immigration Sarkozy… ou presque. Entre deux affaires et une naissance dans un zoo, il faut bien reconnaître que le sujet occupe une grande place dans les médias et n’a pas fini de faire couler de l’encre !
On s’indigne ici et là de « l’immigration choisie », belle trouvaille sémantique qui nous promet la fin de la pagaille sociale. Certes une régulation de l’immigration est nécessaire ça tombe sous le sens. La série de dispositifs du projet de loi prétend ainsi juguler une immigration sauvage et combler les emplois non occupés par des français qui n’en veulent plus, tout en mettant à mal le travail clandestin. Au delà de la communication de l’UMP, quels effets peut-on attendre de telles mesures ?
Tout d’abord un petit rappel sélectif…
Carte de séjour temporaire indexée au CDD :
C’est un des points censés ne pas inciter les immigrés « du travail » à rester en France au-delà de la durée de leur emploi dans le cas d’un CDD.
Immigration haut de gamme :
Favoriser la venue de personnels hautement qualifiés de l’étranger.
Non régularisation d’immigrés séjournant depuis plusieurs années sur le territoire :
Sans commentaires.
En se penchant sur ces trois points, on présent le spectre d’une quatrième mesure, mais non inscrite dans le texte : celle de fournir une main d’œuvre bon marché, qu’elle soit qualifiée ou non, facilement malléable, avec la menace d’une ré-expédition à domicile en cas de faux pas.
En effet, une carte de séjour temporaire indexée sur un CDD revient à ce qui pour l’instant n’était pratiqué que dans le milieu agricole, mais étendu à tous les domaines. Les fameux « 300.000 emplois non pourvus » dont on nous rabat les oreilles et qui servent en partie de justification à une immigration de travail sélective, sont pour les deux tiers des emplois saisonniers ou à temps partiel. Autant dire qu’ils ne permettent pas de mener un grand train de vie… chercherait-on à faire venir des immigrés pour les précariser alors qu’on s’indigne des conditions de travail des immigrés clandestin ? Quand en plus la délivrance de titres de séjours est (comme le projet le prévoit) soumise à des conditions de ressources (SMIC minimum) comment une personne venue en France qui vivra de temps partiels fera-t-elle pour s’en sortir et être « digne de rester » ?
Si tous ces emplois ne sont pas occupés par des Français, peut-être faut-il aussi se poser la question : pourquoi ? Avec la quantité de chômeurs que compte le pays, il faut vraiment croire qu’ils sont tous des fainéants professionnels qui n’ont pas envie de travailler. Seulement quand travailler finit par coûter plus qu’on ne gagne, et dans des conditions pénibles, on peut comprendre la réticence. Mais bien sûr, il est plus facile d’aller chercher des travailleurs là ou on est moins difficile et ou on ne rechigne pas plutôt que de chercher à améliorer les conditions de travail et les salaires !
La fuite des cerveaux, elle, a tout du pillage sans retour. Des pays qui ont déjà du mal à conserver leurs étudiant de 3e cycle n’ont pas franchement besoin d’une incitation supplémentaire pour vider leur stock de personnels qualifiés. Renseignez vous sur la proportion de médecins ou ingénieurs formés en Afrique qui travaille dans leur pays ou un pays voisin et vous comprendrez. Un pillage pur et simple on vous dit, sans compter qu’il n’y aura pas de mesure prise pour « indemniser » le pays d’origine du travailleur qui aura supporté le coût de sa formation. C’est donc tout bénéfice pour la France qui obtient des docteurs ou des ingénieurs bien meilleurs marchés que ceux formés sur place, sans avoir à en supporter la formation.
Quant à la non régularisation d’immigrés séjournant depuis plusieurs années sur le territoire elle va tout simplement accroître le travail clandestin. Inévitablement. Des personnes qui travaillent depuis plusieurs années, même illégalement, ont tout de même d’une manière ou d’une autre contribué à la croissance de la France, acquis des compétences… n’aurait-il pas été plus judicieux et payantde les intégrer au circuit « légal » du travail ?
Tout cela ressemble beaucoup à une ouverture de vannes providentielles pour faire entrer en France des travailleurs à bas coût. D’ailleurs si j’étais mauvaise langue, je dirais qu’on n’entend pas beaucoup de réactions du côté des leaders du patronat. Alors, heureux ?
Bref, Nicolas Sarkozy dit faire la nique aux Front National en leur piquant des électeurs, mais il est finalement aussi abject que les doctrines racistes qu’il entend fustiger : il ne rejette pas les étrangers, mais il ne prend que ceux qui l’intéresse, pour au final les exploiter comme « chair à machine ».
A méditer…
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