Bienvenue sur l'OEIL - un regard sur Nicolas Sarkozy
ALEXIS DE TOCQUEVILLEHomme politique et historien français (1805-1859)
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ALEXIS DE TOCQUEVILLE
Dans un mois, en mars 2008, vous allez voter.
Il y a presque un an, un homme politique qui est maintenant notre président s’est fait élire sur la base d’un
ensemble de promesses. Si vous jugez qu’il ne les a pas tenues, vous pouvez exprimez votre mécontentement aux municipales !!!
(Une majorité de ces promesses sont tirées du document intitulé « Mon Projet » qui figure sur son site
http://www.sarkozy.fr/lafrance/ . Dans les autrres cas, je me suis efforcé de cîter la source)
« Je veux être le Président du pouvoir d'achat. »
Trouvez-vous que votre pouvoir d’achat s’est amélioré depuis mai 2006 ? Comparez ce que vous avez dans
votre panier en faisant les courses par rapport à l’année dernière à la même période… ensuite demandez aux bénéficiaires du « paquet fiscal » si ça ne va pas mieux dans leur
porte-titres !
« Les salaires sont trop bas dans notre pays. Je demanderai aux entreprises de faire un effort sur les salaires car l'État fait lui-même un effort sur les allégements de charges. »
Votre salaire, de combien a-t-il augmenté depuis l’année dernière à part la maigre hausse du Smic
en juillet ? Mr Sarkozy a-t-il fait pression sur les employeurs pour qu’ils vous paient plus ? Ou pressés les salariés pour qu’ils travaillent plus ? Comment avez-vous perçu
l'augmentation que s'est octroyé notre président ?
« Je comprends la forte inquiétude des personnes âgées qui, depuis dix ans, subissent une véritable érosion de leur pouvoir d'achat sous l'effet de la pression fiscale. C'est pour cela que je suis autant soucieux de réduire les impôts. J'augmenterai de 25 % le minimum vieillesse, je revaloriserai les petites retraites et les pensions de réversion pour que ces retraités vivent mieux. »
Est-ce en bonne voie ? Demandez à vos parents, grand parents, et aux personnes âgées que vous connaissez.
« Je veux (…) investir dans les équipements et les services publics. »
Avez-vous vue une amélioration sensible dans le fonctionnement des services publics ? Si vous avez eu
affaire à EDF ou GDF pour régler un problème, vous trouvez que ça marche mieux ou moins bien qu’avant ?
« je permettrai d'abord à ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus de le faire »
Trouvez-vous que vous avez trop de temps libre ? Que vous ne travaillez déjà pas assez ? Est-ce
que vous n’êtes pas vexés d’être traités de fainéants ? (parce que ça revient un peu à ça !). En résumé : vous estimez-vous déjà suffisamment payés pour le travail que vous
effectuez, avant de parler de travailler plus ?
« Je veux permettre à chaque ménage d'être propriétaire, parce que la propriété est le rêve de chacun d'entre nous. Je vous permettrai notamment de déduire de votre impôt sur le revenu les intérêts de votre emprunt immobilier. Ceux qui ne paient pas l'impôt sur le revenu recevront une aide de l'État pour emprunter. »
Concrètement, est-ce que vous avez plus de facilités à acheter un logement ? Les prix ont explosé,
quel utilité de déduire de ses impôts les intérêts d’un emprunt qu’on ne vous accordera de toutes façons pas car vous ne gagnez pas assez ? Ou est la « France de
propriétaires » ?!
« Je favoriserai le développement des pays pauvres, en cessant d'aider les gouvernements corrompus. »
Comme le prouvent les accords avec Khadafi et son accueil en grande pompe comme s’il s’agissait d’un chef
d’état respectable.
« Quand on est agriculteur, on travaille tous les jours à la préservation de l'environnement. (…) Il nous faut développer une agriculture diversifiée, favoriser les modes de production naturels (l'herbe) et améliorer la gestion de l'eau (vis-à-vis de l'irrigation) »
Renseignez vous donc sur l’autorisation délivrée il y a peu d’utiliser un pesticide appelé
« Cruiser » et sur les dégâts qu’il peut causer… (en gros c’est du gaucho/régent à peu de choses près, ces derniers ayant été interdits à la suite d’une longue bataille).
« Les personnes handicapées doivent pouvoir vivre décemment, ce qui est actuellement impossible avec une allocation adulte handicapé (AAH) de 621 euros. Il n'est pas acceptable que le montant de l'AAH n'atteigne même pas le seuil de pauvreté de 788 euros. Plus de 700 000 personnes sont concernées. Afin de remédier à cette situation, je propose de revaloriser l'AAH de 25%. »
Les handicapés attendent toujours, ce projet ayant été abandonné. Ils lui sont surement très
reconnaissants !
« Si je suis élu président de la République, je laisserais un appartement de fonction uniquement pour les ministres qui en ont besoin »
Et les HLM de luxe loués une bouchée de pain aux directeurs de cabinet ???
« Je veux que les nominations aux fonctions les plus importantes de l'État se fassent sur des critères de compétences et de hauteur de vue, et non pas sur des critères de proximité avec le pouvoir politique en place. »
Alors là il y a matière à faire …
- Cabinet de Xavier Darcos : Me Darcos nommée chef adjointe de cabinet !
- Mr Bolloré a une société de Telecom. Le président de cette société est une femme, Dominique Roux. La fille de cette femme s’appelle … Valérie Pécresse !
- Michel Gaudin, fidèle de longue date de Sarkozy depuis son passage à l’intérieur est devenu Préfet de police de Paris.
- Frédéric Péchenard, ami d’enfance de Sarkozy, est devenu directeur général de la Police
Catherine Pégard, rédactrice en chef au service politique du point (qui a visiblement bien couvert la
campagne !), a été bombardée conseillère du président.
Et dans l’autre sens ça marche aussi bien sûr :
- Laurent Solly (ex directeur adjoint de campagne de Sarkozy pendant la présidentielle) a été nommé directeur général adjoint de TF1 !
- Etienne Mougeotte nommé il y a peu à la tête du Figaro (ou il a déjà « trappé » plusieurs articles indésirables sur son ami de toujours Nicolas Sarkozy)
On s’arrête là car sinon ça va faire long…
« Sur la drogue, guerre totale parce que nous sommes de tous les pays d'Europe celui où les jeunes fument le plus de cannabis. »
Détail amusant : on peut trouver dans n’importe quelle station service ou tabac/presse des grandes feuilles à
rouler qui visiblement ne sont pas destinées à rouler des cigarettes géantes. La marque qui fabrique ces feuilles n’a jamais été inquiétée alors que manifestement elle fournit un papier oncçu
spécifiquement pour rouler des joints. Or les trois initiales de cette célèbre marque viennent de Odet-Cascadec-Bolloré. Oui oui, la même famille qui prête des pédalos à Mr Sarkozy pour
ses vacances. Hypocrisie quand tu nous tiens…
« Je suis le ministre des Finances qui a garanti par le PACS l'égalité fiscale entre les couples homosexuels et les couples hétérosexuels. (...) L'amour homosexuel est aussi sincère que l'amour hétérosexuel et il n'y en a pas un qui est plus important que l'autre, naturellement. »
(Source : J'ai une question à vous poser 5/02/07)
Vraiment ? Dans ce cas là on attend toujours que Mr Sarkozy exclue de son parti Mr Vaneste, un de ses députés, qui fin 2005 avait affirmé entre autres au sein même de l’assemblée nationale que les homosexuels étaient une menace pour la survie de l’humanité et qu’ils étaient inférieurs moralement aux hétérosexuels. Et bien non seulement il ne l'a pas exclu, mais en plus il le fait se présenter aux municipales de Tourcoing ! Si j'étais vous, je serais de Tourcoing, je réagirais...
Pour mémoire, parmi les "sous-êtres qui sont un danger pour l'humanité" on trouve pèle mêle : Alexandre le Grand,
Socrate, Richard Coeur de Lion, Louis XIII, Abraham Lincoln, Goethe, Gustave Flaubert, Marcel Proust, Jean Cocteau, André Gide, James Dean, Cary Grant, Charles Trenet, Keynes, Rimbaud, Verlaine,
Oscar Wilde, Marguerite Yourcenar, Rudyard Kipling, Shakespeare, Cervantes, Colette, Aragon, Schubert, Tchaikovsky ...
Mais Mr Vaneste ne dispose surement pas du niveau de culture nécessaire pour réaliser que ces personnes ont fait de grandes choses
?
« Je stimulerai la création et je rendrai la culture accessible au plus grand nombre parce que c'est une source de liberté, d'épanouissement et de paix sociale. »
Je crois que tout le monde s’accordera à dire que rien n’a été fait ou n’est prévu sur le plan
« culturel » (à moins que supprimer la publicité du service audiovisuel publique pour gonfler les bénéfices de TF1 et M6 soit une mesure culturelle ?).
« Contre les délocalisations, je mettrai en œuvre une politique industrielle, en choisissant les secteurs stratégiques sur lesquels concentrer nos efforts. Notre pays doit garder des usines.»
A-t-on vu de grands changements de ce côté-là ?
« Je défendrai les droits de l'homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les
mettrai au service de la défense des droits des femmes. »
(Source : discours d’investiture)
Création du fichier des empreintes génétique, fichage ADN abusif (par exemple pour un enfant de
11 ans après un vol de jouets !), tests ADN pour les candidats au regroupement familial, flicage sur internet par un décret de la LEN, attribution pour sa seule gloire de la libération
des infirmières bulgares alors que tout le monde sait maintenant que ce n’était que l’aboutissement d’un laborieux processus dans lequel il n’est pas pour grand-chose…
« Dès le mois de juillet, je supprimerai les droits de succession et de donation. Cette
mesure concerne 95% des foyers. Je m'y engage. »
(source : Emission A vous de Juger sur France 2 08/03/07)
Ce que Sarkozy ne précisait pas, c’est qu’avant cette loin 89% des ménages était exonérés de droits de
succession (les plus modestes). La mesure n’a donc porté que sur les 6% supplémentaires (bien plus aisés) , et non directement sur les 95% annoncés. Ceux qui font partie des 10%
possédant 46% du patrimoine français. Ou comment passer pour un bienfaiteur du plus grand nombre quand on accorde des avantages aux plus aisés !
« Je propose de renforcer l’aide à l’acquisition d’une complémentaire et d’améliorer les remboursements des soins dentaires et optiques. »
On attend toujours monsieur Sarkozy... Les étudiants qui ne soignent pas les dents ou ne remplacent pas leurs
lunettes pour pouvoir manger à tous les repas sont très impatients !
Je pense qu’il est inutile de continuer, tout le monde aura les yeux bien ouverts depuis le temps…
Pas de quoi s'étonner après, si vouloir protéger la santé des enfants c'est "ne pas les laisser en paix".
Après tout si les gamins mangent n'importe quoi, ça n'est pas parce qu'on les matraque de marques, c'est la faute aux parents... salauds de gauchistes.
Edit (09/02/2008) :
Le sujet commençant à faire du bruit, Roselyne Bachelot nous a gratifié d'un bel
effet d'annonce à la sauce Sarkozy : les industriels sont "incités" à coopérer en retirant les publicités pour les produits trop gras ou sucrés des émissions à destination des enfants, et les
confiseries des caisses des supermarchés... sinon Roselyne se fachera et elle prendra des mesures "contraignantes" ! Tremblez industriels.
C'est sûr qu'avec ça les choses vont bouger.
Notre président l'a dit, les caisses sont vides. Il va donc falloir se serrer la ceinture, on est prévenus.
Vous aviez voté pour le pouvoir d'achat ? Désolé mais il faudra revoir vos ambitions à la baisse, ça ne va pas être possible. Sauf si vous bien sûr faites partie des industriels et proches du clan présidentiel qui ont tout compris.
Comment, vous n'aviez pas compris ? Le "gagner plus", l'augmentation du pouvoir d'achat, le renouveau de la grandeur, c'était d'eux que Nicolas Sarkozy parlait pendant la campagne présidentielle, pas de vous, Messieurs et Mesdames tout le monde ! Vous n'aviez pas compris ? Pas possible... qui aurait cru que ça ne sauterait pas eux yeux que Nicolas Sarkozy était le candidat des "gens aisés". Tss tss.
En leader de la France d'en haut, ce dernier s'est déjà accordé une augmentation substantielle
(140 ? 150 ? au final 172% mais comme nous sommes dans une économie de marché, la cote pourrait encore monter qui sait).
Bon, en même temps, président c'est un sacré boulot, et il parait qu'avant on magouillait plus et on déclarait moins. Soit. Ca donne une idée quand même.
Mais comme les temps sont durs et que même en étant nourri, logé et habillé par l'état la coût de la vie a bigrement augmenté, notre président a décrété qu'il serait salutaire pour maintenir son
train de vie au top de continuer à toucher son salaire de
ministre de l'intérieur jusqu'à ce que son augmentation entre en vigueur, soit au premier janvier 2008.
- Sauf que pour info, un ministre "chômeur" perçoit son traitement (salaire) pendant six moi après la sortie de ses fonctions pour "lui permettre de retrouver un emploi".
Je pense qu'on peut considérer que, pour nécessiter un salaire de 19.000 € (nouveau montant du salaire du président au 1er janvier 2008 en arrondissant au millier), président de la république
c'est un emploi à plein temps...
- Sauf qu'avant son augmentation, le salaire de président de Nicolas Sarkozy était de 7.500 euros.
- Sauf que son ancien salaire de ministre, celui qu'il a continué à percevoir jusqu'au 31 décembre, se monte à 11.500 €.
Nicolas Sarkozy a donc décrété seul que malgré le fait qu'il ne soit pas au chômage (président et associé d'un cabinet d'avocat c'est du plein temps à
l'anglaise) il toucherait quand bien même ça n'est pas justifié, et ce pendant 6 mois, une rallonge de 4.000 € par mois.
C'est follement drôle vous ne trouvez pas ? Pour rire encore plus , on peut estimer qu'à 1300 € le salaire d'un français moyen (qui a de la chance) ça fait trois mois de salaire de français moyen
de "prime" par mois.
Ce même français moyen qui a voté pour qu'on augmente son pouvoir d'achat...
Alors si vous n'y voyez pas un peu plus clair maintenant, un conseil, filez chez l'opticien le plus proche !
Là au moins vous serez sûrs de la transparence.
Face au défi, confronté aux inégalités de plus en plus fortes entre les territoires, le gouvernement répond par des dotations toujours plus réduites et inégales. Pour preuve, la loi de programmation de la cohésion sociale prévoyait une augmentation de 120 millions par an jusqu'en 2009 de la dotation de solidarité urbaine (DSU), pour venir en aide aux villes en difficulté. Or la commission des finances de l'Assemblée vient d'annoncer une diminution de 30 millions d'euros de la DSU. Tant pis pour les villes qui comptaient dessus et qui ont engagé des actions. Elles n'auront qu'à gérer encore et encore la pénurie, et faire face à des charges de plus en plus lourdes.
Cela ne peut plus durer. Le temps des diagnostics, des analyses et de la compassion est terminé. Aujourd'hui, il est impératif d'agir, et d'agir vite. Des solutions simples et efficaces sont rapidement réalisables, au premier rang desquelles une réforme de la fiscalité locale.
Malgré l'opiniâtreté des élus de terrain et du monde associatif, la situation ne cesse de se dégrader. Tous les indicateurs sont à la hausse, précarité, chômage, misère, violence… l'économie parallèle gangrène des quartiers entiers où les habitants subissent les règles d'un libéralisme sauvage qui se traduit par le règne de la loi du plus fort ; l'usage de la violence se banalise, les liens sociaux se délitent et les populations confrontées à un sentiment d'abandon ont tendance à se replier sur elles-mêmes.
DROIT COMMUN
Cette situation est le résultat de l'échec de la politique menée depuis de trop nombreuses années. L'ancien ministre de l'intérieur, aujourd'hui président de la République, n'a réussi, avec ses déclarations guerrières, ni à faire reculer l'insécurité ni à rétablir l'égalité républicaine. Nous n'acceptons plus que l'Etat valide les inégalités.
Il faut impérativement en finir avec la vision à court terme qui conditionne les réponses du gouvernement. Nous ne voulons pas d'un énième plan banlieue qui traite systématiquement nos problèmes à l'aune de l'exception. Nous voulons que nos villes – à l'instar du reste du territoire – soient traitées selon le droit commun.
L'insécurité est le résultat d'une politique globale qui, par l'insécurité sociale, l'accroissement de la précarité et des inégalités, conduit à la déstructuration des règles collectives et contribue à faire naître les ghettos de demain. Notre société est de plus en plus marquée par l'individualisme, la débrouillardise et la vénération sans limite de l'argent-roi au détriment de tout ce qui fait l'intérêt collectif.
Tout contribue à fragiliser l'ensemble de la société : disparition de la mixité sociale dans les quartiers d'habitat collectif, diminution drastique des moyens consacrés au volet social (dans la prévention, dans la recherche d'emploi, etc.), généralisation des emplois précaires, enclavement de ces quartiers.
Nous devons clairement poser la question du rôle régulateur de l'Etat. Le processus actuel qui conduit l'Etat à se retirer progressivement des dispositifs d'aide anéantit les garanties et laisse la nécessaire entraide dépendre du bon vouloir de ceux qui en ont à la fois l'envie et les moyens.
Le temps presse. Nous devons, en agissant sur l'ensemble de ces leviers, rétablir les fondements de la République : la sécurité et l'égalité de tous partout sur le territoire. Pour faire entendre la voix de la banlieue et parce que nous refusons d'attendre qu'une nouvelle catastrophe se produise pour que les choses bougent enfin, nos communes (nos mairies) agiront afin d'obliger l'Etat à ouvrir le dossier des banlieues non comme un dossier à part mais comme un miroir de ce que pourrait devenir la France de demain.
Modeste tentative (qui a dit vaine ?) d'y voir plus clair dans ce qui se trame au sommet ces jours-ci, ou "La politique de Sarkozy
pour les nuls".
Un réquiem social en cinq mouvements
Imaginons (c'est tout de suite plus chouette !) que je sois président de la république...
Je suis président donc. La grande classe, Yacht, vacances US et divorce en première page de la presse people. Je suis président, et j'ai
construit ma carrière politique en habile tacticien en forgeant des amitiés avec des puissants, du secteur économique, politique et des médias (ce qui en France revient souvent au même).
J'ai beaucoup d'obligés, et on me refuse rarement car j'ai de solides atouts/dossiers dans mes manches.
Je prône la rupture pour me faire élire et je démarre sur les chapeaux de roue en faisant des cadeaux substantiels à mes amis puissants et leurs vassaux. Seulement voilà, tout
ce luxe ostensible ça commence à se voir, et j'ai plusieurs réformes très délicates à faire passer, en particulier celle du contrat de travail. Autant dire que c'est quasiment impossible sauf
vouloir un choc frontal avec le "mur" des syndicats, qui restent en France pour certains très puissants. Si je veux réformer le contrat de travail du privé, les syndicats
monteront au créneau pour protéger les acquis du public. Si je veux toucher aux acquis du public, les syndicats me tombent dessus à bras raccourci dans un même élan solidaire... Comment
m'y prendre donc ?
De la même manière que j'ai monté les électeurs de gauche contre la gauche et rallié les mécontents pendant les élections ! A la différence près que quelques variables changent...
1) Tout d'abord il me faut fragiliser les syndicats c'est le nœud le plus facile à démêler. J'ai déjà lancé des consultations avec certains d'entre eux histoire de faire montre d'ouverture et de
volonté de débattre pour qu'on ne puisse pas m'accuser d'être obtus et vouloir passer en force. Sauf que bien sûr on se contentera d'écouter ce que les représentants des syndicats ont à dire, et
dans l'idéal on lâchera quelques miettes à certains d'entre eux histoire d'attiser les rivalités déjà existantes et de semer des soupçons de "collaboration avec l'ennemi".
Ca c'est pour la partie "fragiliser le ciment du mur".
2) Ensuite une fois séparés les "gentils et raisonnables" syndicats des "obtus et irréalistes réfractaires au changement", il me faut gagner le soutien de l'opinion public. Là
encore il faut jouer sur du velours, mais c'est sans compter ma longue expérience de traitre, expert pour monter les gens les uns contre les autres : je connais la recette ! Vu
que je ne pourrais pas faire avaler à monsieur tout le monde qu'en plus de travailler plus et jusqu'à une âge plus avancé, il lui faudra accepter un contrat de travail unique
précaire, il me faut l'amener à se tirer une balle dans le pied, et c'est là qu'intervient le pion "syndicats des obtus et irréalistes réfractaires au changement". Il me suffit de
choisir celui contre lesquels il sera le plus facile de monter le "grand public" : qu'est-ce qui horripile quand il y a grève ? Ce dont les citoyens sont le plus dépendant du fait de l'évolution
du mode de vie urbain et de la hausse du logement qui pousse à habiter de plus en plus loin des agglomérations ? Les transports ! Rien n'énerve plus le travailleur redoutant la journée de
travail qu'une grève des transports.
3) Il me suffit donc de trouver la liste des bons arguments : les fonctionnaires, ces fainéants, ces nantis qui parte à la retraite 2 ans et demi plus tôt que tout le monde, et
qui en plus se permettent de faire grève à la moindre occasion, tout le monde leur voue une vive haine intérieure c'est sûr ! A l'aide de mes puissants amis qui ne peuvent rien me
refuser (voir 1er paragraphe) j'organise une campagne de haine médiatique comme je sais si bien le faire (j'ai quand même réussi à doubler l'ancien champion en la
matière, ne l'oubliez pas). Au final après quelques temps à laisser les premières grèves s'organiser et entrevoir une terrible mobilisation à l'approche des fêtes, j'ai environ disons 55%
d'opinion publique pour moi. Le fruit est mûr à point pour la compote, on peut passer au presse purée.
4) La phase suivante, pourrait s'appeler "laisser l'aveugle tomber dans le trou que son chien vient de creuser" : les mouvements de grèves sont très mal accueillis par une large
majorité des messieurs tout le monde, qui en arrivent à mettre tous les fonctionnaires dans le même sac (enseignants, cheminots, ouvriers de l'énergie, sécu, mais pas les élus tout de
même) ainsi qu'à y être les étudiants. C'est comme un fonctionnaire un étudiant, c'est improductif un étudiant, et ça coute cher. Tout comme les pauvres quoi ! Les syndicats se cassent
les dents donc, se mettent tous les usagers à dos, et finissent épuisés par des querelles internes/intersyndicales. J'en profite pour achever l'extrême gauche qui faisait désordre...
5) Dernier mouvement du requiem, je peux faire passer mes réformes sur le droit du travail qui vont toucher tout le secteur privé. Il ne manifeste pas le secteur privé, ou de
moins en moins. Les syndicats ne vont pas monter au créneau pour le défendre le privé, surtout vu l'attirail tranchant et pointu que ce dernier a pris soin de leur planter dans
le dos ! De toute façon les syndicats sont dans l'incapacité de se mobiliser et de mobiliser de manière cohérente à présent. Et voilà, le tour est joué, le CDI enterré, et l'intérim démocratisé.
Vous n’aviez pas aimé le CNE ? Le CPE vous avait effrayé ? Soyez heureux, ils vont revenir en "version longue" !
Chapeau à Gérard Miller pour sa pédagogie !
On a beaucoup entendu pendant la campagne présidentielle que Ségolène Royal n'avait pas la maturité et le self control nécessaire pour endosser le costume de
président(e). Peut être. Mais est-ce la seule ?
Nicolas Sarkozy lui a même asséné un "vous perdez bien facilement votre sang froid" en plein débat (excusez si ce n'étaient pas exactement les termes, mais le sens est là).
Ce même Nicolas Sarkozy, qui représente maintenant notre nation à l'étranger donc, notre état en France, ce même donneur de leçons s'est déjà illustré en de nombreuses occasions sur ce
thème, en bon contre-exemple vivant qu'il est.
Pour ne retenir que les plus récents :
France :
J'ai réellement été choqué de l'entendre tutoyer le fameux marin pêcheur au JT. "Viens là si t'es un homme, viens te battre" aurait-on presque entendu.
"Ouuuh, il est choqué" vous allez me dire. Ca ne me fait pas, mais alors vraiment pas rire vous répondrais-je. Certes c'est ridicule dans la forme qu'il s'adresse ainsi à un marin comme à un
gosse de banlieue qui a brûlé des voitures. Mais c'est aussi extrêmement grave à mes yeux. D'abord parce qu'il y a un manque de respect et de considération totale. Anéanti, détruit, tu n'es rien
qu'un contestataire qui n'aura jamais gain de cause.
(En apparence du moins, on joue les durs devant les caméras, mais on promet souvent une fermeté qu'on ne peut même pas se permettre, le futur nous le dira). Ca me choque oui, plus qu'un gosse de
15 ans qui m'insulterait dans la rue, beaucoup plus même ! Un président peut tout se permettre, et il va surement exiger le respect des citoyens après ça. Quand j'avais 5 ans, mon institutrice
nous avait appris qu'on devait le respect même aux personnes que l'on détestait, car c'est ce qui nous différenciait des animaux et constituait une partie du socle d'une société
"avancée"....
International :
Ensuite il y a l'histoire du plateau de l'émission de télé américain ou excédé par une question sur son supposé divorce (bing, retour du boomerang médiatique à l'envoyeur qui ne l'a pas volé)
Nicolas Sarkozy se lève, invective sèchement la présentatrice et quitte le plateau devant les yeux ébahis de l'équipe de télé. Là par contre j'ai du mal à voir ce qu'il a voulu prouver ...
qu'il peut être aussi colérique qu'un ado en pleine crise ? Si c'est le cas c'est très réussi.
Un grand penseur mort et qu'on n'a décidément pas assez écouté a dit :
"Plutôt que de te plaindre de l'obscurité, allume la plus petite lumière".
A méditer ! (dans le noir de préférence)
La saison des mouvements sociaux est arrivée ! Juste avant les fêtes comme à l'accoutumée, entre les blancs flocons et les rouges drapeaux
la grogne monte. Oui me direz vous, comme tous les ans à la même époque, surtout après une présidentielle. Certes. Sauf que cette année il y a parait-il un gros paquet de
réformes dans la hotte du père noël...
Un gros paquet ? En apparence oui. Rien à voir avec le paquet fiscal par exemple. Celui là c'était du lourd. En Milliards qu'il se comptait. Un sacré paquet. Là non, c'est
plutôt comme une grosse boîte en carton avec un joli papier brillant et un gros ruban, mais pas grand chose dedans. Une boîte à vent, avec les promesses du programme présidentiel gravé en lettres
d'or dessus.
On compare beaucoup Nicolas Sarkozy à Me Thatcher en ce moment, mais il y a une différence fondamentale : Thatcher elle a réellement fait ce qu'elle avait
annoncé (pour le meilleur et pour le pire), Sarkozy, lui, ce qu'il fait réellement c'est annoncer. Et de reculer sur les points les plus délicats, on verra ça plus
tard.
Du moins c'est la stratégie qui a été sienne ces cinq derniers mois : un grenelle de l'environnement qui est réellement écologique
puisque l’inventaire de ses avancées concrètes tiendrait sur très peu de papier, une future réforme des institutions qui est loin de la 6e république qu'on aurait pu imaginer, une
France de propriétaires qui continue de rêver de l'être, et une France de locataires qui en a marre de l'être. Sans parler du chouette climat ambiant ou chacun garde un œil sur son
prochain.
Ambiance festive garantie pour cette fin d'année. Non, décidément ce ne sont pas des réformes, juste la continuité de la casse sociale et économique amorcée depuis déjà un bon moment, avec néanmoins une accélération marquée. Ok, on ne refait pas le monde en cinq tout petits mois c'est sûr, mais parti comme c'est en cinq longues années ne suffiront pas. On peut se demander laquelle de ces réformes débouchera sur quelque chose de concret et surtout de positif pour le plus grand nombre (celui qui comprend 3% de riches et 50% de naïfs).
LA réforme du moment, celle qui fait couler encre et bave à flots, c'est celle des régimes spéciaux de retraite. Ou plutôt "du" régime spécial de retraite. Ca ne vous intrigue pas qu'on s'attaque comme par hasard en premier à la retraite des cheminots ? Pourquoi eux d'abord plus que les autres ? Pourquoi pas une réforme de la retraite des militaires qui pèse probablement un poids conséquent ?
Ca vous révolte que ces fainéants de cheminots puissent partir à la retraite après 37.5 années de cotisations, mais personne n'est énervé
par le fait qu'un militaire puisse le faire au bout de 15 ans... Soit. Militaire c'est risqué. Mais tout le monde ne va pas sur le terrain et pas tout le temps. Et pourtant un
administratif militaire peut prendre sa retraite après 15 années de service.
Pourquoi pas un régime de retraite ou après seulement 5 années de cotisations on toucherait plus que le SMIC dès 60 ans et pour toute la vie ans tant qu'on y est ? Je suis sûr
que si on découvrait des cheminots ou des postiers avec un tel avantage ils finiraient fissa sur un bûcher. Et pourtant ce régime de retraite existe... c'est celui de nos députés !
Voyez comme l'art et la manière de présenter les choses peuvent rendre quelqu'un sympathique ou détestable dans l'opinion publique. On vous
vend la mise à mort de la retraite des cheminots parce qu'on sait pertinemment que vous allez adorer les détester. Après tout c'est à cause d'eux que vous êtes en retard. Parce qu'ils
défendent leurs acquis. Mais aussi le votre, celui qu’on appelle « service public ». Allez travailler en prenant le train en Angleterre pendant un petit mois et vous comprendrez ce que
les cheminots essaient "aussi" de protéger.
J'ai été choqué de voir dans un sondage (qui certes reste un truchement numérique) que les français étaient désolidarisés des cheminots, mais aussi policiers, enseignants, et
tous les fonctionnaires en général. Des nantis paraît-il. Allez enseigner en collège ou tenir un guichet à la poste si vous les enviez tant. Allez rester dans la même maison
pendant 37 ans sans jamais pouvoir changer d'entreprise ou presque si vous êtes jaloux, et surtout posez-vous la bonne question : la réforme des régimes spéciaux est-elle réellement celle
des régimes spéciaux, ou celle déguisée du régime général ? Il est beaucoup plus facile de niveler par le haut que d'élever le bas de l'échelle c'est bien connu. Et c'est ce que le
gouvernement actuel fait, dans la plus pure tradition des gouvernements Chirac. Enfin, par le haut... le haut du "nivelable", parce que le chef de l'état et ses copains on n'y touche pas tout de
même.
Quand on dit au privé qu'il va falloir travailler plus longtemps, le privé râle. Mais plus les fonctionnaires travailleront longtemps, plus les
salariés du privés travailleront encore plus longtemps. Moins les syndicats (ou toute autre organisation de défense du droit des salariés) auront de pouvoir, moins les salariés du privé auront
de droits, y compris celui de réclamer un meilleur salaire ou de meilleures conditions de travail. La fonction publique est comme un garde-fou des conditions de travail dans le
privé.
Et puis casser la fonction publique et la privatiser c'est tout soumettre au principe du marché. Vous trouvez la vie trop chère ?
Petite expérience : notez le prix du kilowatt/heure, du timbre, d'un billet de train standard, bref, de tout ce qui a été, est, ou va être privatisé dans la fonction
publique, puis tous les mois renouvelez l'opération de manière à pouvoir comparer. Au bout d'un an faîtes le point avec le recul. C'est devenu très cher non ? Normal, il n'y a plus de
régulation de l'état sur ces prix ! Vous trouvez que les frais bancaires vous assassinent et sont scandaleusement élevés ? Bientôt votre ticket de métro et votre ordonnance médicale seront
aussi généreux avec vous. C'est aussi ça "secouer tous ces fainéants qui ne veulent pas se mettre au travail" (et sous-entendu « laisser le marché s'occuper de tout »).
La seule rupture tangible n'est pas nouvelle, elle existait déjà et se creuse encore plus chaque jour. Chirac l'avait appelée "fracture sociale",
espérons que son soin sera pris en charge par la SECU… si elle existe encore.
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